Rédaction | Avant Garde
EDITO

Violences sexistes : une mobilisation historique qui appelle un investissement historique

Le 23 novembre s’est tenue la marche contre les violences sexistes et sexuelles. Alors que Macron a fait de l’égalité hommes-femmes, une des grandes causes du quinquennat. Force est de constater que deux ans et demi après son arrivée au pouvoir, le compte n’y est toujours pas. 

Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, a bien initié un Grenelle début septembre pour parler des questions spécifiques des violences conjugales. Après une première série d’annonces faites par le Premier ministre en ouverture, le Grenelle a rendu aujourd’hui ses conclusions. Une fois de plus, la bonne volonté affichée chute sur la question des moyens. Le milliard d’euros réclamés par les dizaines de milliers de manifestantes et manifestants de samedi n’est toujours pas sur la table. 

Le Grenelle contre les violences conjugales aura été, de ce point de vue, un coup d’épée dans l’eau. Énorme coup de communication pour le gouvernement, le Grenelle peine, malgré ses conclusions, à justifier son existence. La représentation nationale s’est d’ailleurs en parallèle emparée du sujet adoptant une proposition de loi LR sur le sujet. Il existe aujourd’hui un très large consensus sur le besoin de se donner réellement les moyens de combattre efficacement les violences sexistes et sexuelles, le gouvernement doit y répondre et donner les moyens nécessaires à cette lutte. 

Ces moyens supplémentaires doivent permettre d’atteindre 1 milliard d’euros. On est actuellement à la moitié. Cet investissement doit permettre de mettre en place aussi bien des dispositifs d’urgence que de préventions de ces violences. Ainsi le milliard doit permettre de mettre dans les commissariats des personnes formées à recevoir la parole des victimes ou encore la création de plus de logements d’urgences pour les femmes et enfants victimes de ces violences. Ce budget doit également permettre de prévenir ces violences en mettant, dès l’école, des cours d’éducations à la vie affective. La liste de ces dispositifs est encore bien longue. 

La mobilisation lors des manifestations de samedi a été historique. Le gouvernement doit se mettre à la hauteur de cet événement et ne pas se cantonner à afficher une bonne volonté de façade.