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1er mai : 285 000 personnes contre le FN et pour le progrès social

Les gesticulations habituelles de l’extrême droite n’y ont rien changé, ce 1er mai a été marqué par une importante mobilisation populaire. Parmi les manifestants, de nombreux jeunes étaient au rendez-vous.

Nombre de médias n’en retiendront que les heurts avec la police en marge des manifestations, ou encore la plus modeste mobilisation par rapport au 1er mai 2002. Nous avons choisi de rendre compte de ce qui s’est réellement passé dans les rues hier et de donner la parole aux jeunes.

De nombreux cortèges unitaires de jeunes

Dans de nombreuses villes, les jeunes se sont rendus à la manifestation du 1er mai à l’appel de collectifs d’organisations de jeunesse. Fait notable, pour une manifestation traditionnellement intersyndicale, des cortèges unitaires de jeunes étaient organisés, mêlant des associations, des syndicats et des organisations politiques.

Lire aussi : Appel unitaire des organisations de jeunesse pour le 1er mai

Cette unité est importante pour beaucoup de participants et les raisons sont multiples. Cette journée du 1er mai a d’abord illustré le niveau historique de division de la gauche et du mouvement syndical.

Manifestation, Angers. Rédaction | Avant Garde

“C’est bien que nous les jeunes ont soit tous ensemble. Je ne comprends pas pourquoi certains syndicats ont décidé de faire bande à part pour cette manifestation. Pour moi ce n’est pas le moment d’examiner nos différences il faut se concentrer sur un message en commun”

Pierre, étudiant à Angers.

Bien sûr il y a aussi la menace que représente la présence de Marine Le Pen au second tour qui, pour beaucoup, n’est pas sensée laisser la place aux querelles secondaires entre chapelles.

Manifestation, Lyon. Rédaction | Avant Garde

“On est unis parce que le FN est aux portes du pouvoir, c’est le seul moyen de rassembler le plus de gens possible pour lui barrer la route.”

Estelle, lycéenne à Lille.

Et enfin, les projets d’Emmanuel Macron qui, moins d’un an après la mobilisation contre la loi travail, représentent une accélération de la politique libérale dont tout le monde connaît désormais les conséquences dramatiques.

Manifestation, Renne. Rédaction | Avant Garde

“D’abord il faut battre Marine Le Pen, mais on veut dire aussi à Macron que s’il devient président on sera aussi dans la rue comme aujourd’hui face à la politique qu’il nous promet.”

Marwan, stagiaire à Lyon.

Vaincre l’extrême droite sans rien lâcher face au projet Macron

On remarque que les débats sont parfois houleux sur la question du second tour de l’élection présidentielle. Cependant le premier mot d’ordre porté par les jeunes dans les cortèges est avant tout de barrer la route au Front National. Les idées du FN n’ont pas pénétré les esprits des milliers de jeunes qui ont défilé hier. Le danger imminent que représente l’extrême droite au pouvoir n’y faisait pas débat.

“La banalisation du FN l’a porté au second tour. J’ai convaincu beaucoup d’amis de venir à la manif. ça n’a pas été facile parce que beaucoup disent que c’est joué d’avance entre Macron et Le Pen… moi je ne veux pas vivre dans un pays où Marine Le Pen et ses idées sont la seule opposition à Macron, donc l’idée c’est qu’elle fasse le plus faible score possible.”

Farah, en service civique à Toulouse.

Mais pour la génération “loi travail”, qui a grandi sous la droite puis sous le quinquennat qui se termine, il n’est pas question d’adhérer au programme ultra libéral de Macron. Si tous veulent écraser le FN, aucun n’est dans l’idée d’offrir un boulevard au candidat de la finance.

Manifestation, Grenoble. Rédaction | Avant Garde

“J’espère que Macron regarde bien ce qui se passe aujourd’hui, parce que c’est ce qu’il va connaître pendant 5 ans. On ne veut pas être milliardaire comme il le croit, on veut vivre correctement et pour ça on va aller chercher l’argent dans les poches de ses amis actionnaires.”

Nathan, privé d’emploi à Grenoble.

Cette détermination de la rue ne s’est pas essoufflée une fois les cortèges dissous. Dès aujourd’hui de nouveaux rassemblements sont en préparation, pour mercredi ou plus tard dans la semaine.

Ce matin même, dans certaines ville de France, des jeunes ont déjà repris la rue comme à Angers où les lycéens étaient nombreux à se faire entendre :

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