Rédaction | Avant Garde
EDITO

A cette rentrée, plus que jamais besoin de relever le défi des jours heureux

Les rues des villes se remplissent à mesure que les plages se vident : pas de doute, c’est la rentrée ! 

Pour la deuxième fois consécutive, cette rentrée se tient dans un contexte particulier dû à la pandémie. Depuis plus d’un an et demi, les jeunes sont parmi les premières victimes des crises liées au COVID-19. Avec un taux à plus de 20%, ça reste de loin la tranche d’âge la plus touchée par le chômage. A la fin de l’année dernière, pas moins d’un étudiant sur six était en situation de décrochage scolaire. Résultat : nous avons 1,6 million de jeunes sans emploi ni formation à cette rentrée. Quel gâchis ! C’est la force d’ingéniosité et d’innovation de toute une génération qui se retrouve ainsi sacrifiée. 

A qui la faute ? La pandémie nous diront certains. Pourtant, ce n’est pas le virus qui a décidé de supprimer des postes dans la fonction publique causant toujours plus d’inégalité, ce n’est pas non plus lui qui a mis en place la sélection à l’entrée de l’université laissant 91 000 bacheliers sans formation à cette rentrée, ce n’est pas le covid-19 qui a laissé faire les délocalisations jusqu’à en perdre le fleuron industriel français et par là même notre souveraineté. Tout est histoire d’ambition et de projet politique. Nous avons un responsable à ces maux : le Gouvernement et les politiques libérales menées tambour battant depuis plusieurs décennies. 

Alors cette rentrée, les jeunes l’appréhendent avec plus de difficultés que les précédentes. Car aux difficultés accumulées depuis plusieurs mois s’ajoutent le manque de perspective quant à notre avenir et le manque d’ambition politique pour changer notre quotidien. Cette année encore, nous serons 35 par classe au lycée, avec la crainte d’être contaminés et de contaminer notre famille en retour. Cette année encore, nous ne savons pas comment faire pour remplir notre frigo. Cette année encore, 91 000 nouveaux bacheliers n’ont pas été acceptés par parcoursup. La liste pourrait être encore longue. 

A cette rentrée, rien n’a été préparé pour rattraper le retard.  La seule réponse face au cri de détresse et la jeunesse est l’instauration d’une garantie jeune universelle par Emmanuel Macron. Quelle ambition pour la jeunesse ! La seule réponse est l’accompagnement de la misère à travers une aide ne correspondant ni aux aspirations ni aux besoins des jeunes. 

Ce n’est pas cela dont nous avons besoin. Nous avons besoin d’un projet partant de nos besoins et nos aspirations, nous permettant de nous réaliser. Nous voulons être utiles et trouver notre place dans la société. Mais pour cela, il faut nous permettre de nous former au lieu de mettre en place la sélection, il faut créer des emplois stables dans les secteurs publics comme privés, il faut mettre en place une politique d’émancipation et d’épanouissement des jeunes. Un retour au programme et à l’ambition politique des jours heureux en somme.