L’Union européenne et les jeunes : la grande désillusion 

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L’Union européenne et les jeunes : la grande désillusion 

Alors que près d’un électeur sur deux, ne s’était pas déplacé à l’occasion des élections européennes de 2019, le taux d’abstention atteignait presque 65 % chez les 25-34 ans et 75 % chez les 18-24 ans. 

Nous approchons d’un nouveau scrutin européen, essayons de comprendre pourquoi ces élections, tous les cinq ans, sont désertées par les citoyens français, et plus particulièrement par les jeunes.

L’Union européenne, entre abstention et crise démocratique

La jeunesse ne constitue pas un groupe social homogène et recouvre en son sein une véritable diversité de situations. Pourtant, du lycéen inscrit en baccalauréat professionnel à l’étudiant revenu de son Erasmus, une chose est sûre : aucun des deux n’a eu son mot à dire sur la construction du projet européen. 

Fruit d’accords successifs entre les gouvernements européens, l’Union n’a cessé de se développer au détriment des travailleurs et des jeunes de toute l’Europe. Ainsi, en 2007, alors qu’une large majorité d’entre eux s’était opposé à l’établissement d’un projet de traité constitutionnel deux ans auparavant, Nicolas Sarkozy balayait les aspirations de la jeunesse française en choisissant de ratifier le Traité de Lisbonne.

Si les jeunes s’abstiennent massivement aux élections européennes, c’est également parce qu’elles paraissent, sans doute à juste titre, plus ou moins inconséquentes. L’élection, depuis 1979, des eurodéputés siégeant à Strasbourg au suffrage universel direct n’a que peu d’incidence sur les grandes orientations de la politique européenne de dérégulation économique et de destruction des services publics, fixées à Bruxelles par le conseil de l’UE (composé de ministres), le Conseil européen (composé des 27 chefs d’États et de gouvernements) et la Commission européenne (composée de commissaires, eux-mêmes proposés par le Conseil européen).

30 ans d’Union européenne ; 30 ans de libéralisme et d’austérité

Malgré les promesses de paix et de prospérité, l’Union européenne n’a été synonyme pour sa jeunesse que de désillusion, de crise économique et d’austérité libérale.

Dès l’union douanière en 1968, premier chantier de la Communauté économique européenne ancêtre de l’UE, la mise en concurrence des travailleurs a conduit à l’installation progressive du chômage de masse dans le salariat français, “trop cher” pour les capitalistes notamment en raison d’attentes sociales élevées. Ce chômage, jamais résorbé, voire encouragé, touche aujourd’hui plus de 17 % des jeunes Français. Cette réalité touche d’autant plus les actifs âgés de 15 à 24 ans habitants dans les principales régions sinistrées par les délocalisations.

Les crises économiques, qu’elles viennent de l’extérieur ou de l’intérieur, ont été d’autant plus dévastatrices. Cumulées aux règles budgétaires et concurrentielles de l’Union, ces crises justifient la volonté de destruction de tous les éléments de notre État social, les dernières victimes étant notre électricité, notre rail et nos retraites. 

Un cimetière d’espoirs

L’espoir d’une coopération sociale, pacifique et fraternelle des nations européennes semble loin.

L’Union européenne, en instance supranationale, nous dispense peu à peu de notre souveraineté nationale, enchaîne les États membres et contraint toute possibilité de progrès social au sein des nations.

Au-delà des simples élections européennes, c’est l’ensemble des élections nationales dont les urnes sont désertées depuis près de trente ans, et particulièrement par les jeunes. Cette montée en flèche de l’abstention générale coïncide avec l’avènement du projet européen, privant les nations de leur autodétermination politique.

Les institutions européennes, le masque du capitalisme européen

Derrière la question européenne, se pose donc la question du contrôle de ces institutions. Ce sont les intérêts particuliers du patronat et le finance qui sont défendus dans ces politiques de ravage des conditions de travail.

Pourtant, d’autres choix peuvent être faits. C’est en ce sens que, malgré les désillusions, porter une voix dans ces élections reste utile.


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