R. Frings
CULTURE

Anne Sylvestre : la vie d’une chanteuse féministe

Lundi 30 novembre, Anne Sylvestre est décédée à Paris. Avant-Garde revient sur la vie de cette chanteuse féministe.

Ses débuts

Anne Sylvestre commence sa carrière de chanteuse dans des cabarets, et c’est en 1959 que sa carrière commence à décoller lorsqu’elle sort son premier disque  “Mon mari est parti”. 

Elle signe avec la maison de production Phillips qui est la même que Georges Brassens à cette époque. Lui-même qui dira en parlant d’elle. “On commence à s’apercevoir qu’avant sa venue dans la chanson, il nous manquait quelque chose et quelque chose d’important.” Et c’est en 1962 qu’elle monte sur des grandes scènes comme l’Olympia ou encore Bobino.

Une discographie pour toutes et tous et à tout âge

Anne Sylvestre a une discographie riche et variée, en effet sa discographie est très impressionnante et s’adresse à des publics différents selon les titres. Les enfants des années 60-70 ont été bercé par “Les fabulettes”. Pendant ce temps là les adultes découvraient des chanson comme “Lazare et Cécile”, “Non tu n’as pas de nom”, “Une sorcière comme les autres”. 

Ses chansons pour adultes comme elle les appelait étaient très souvent des chansons féministes et en avance sur leur temps, “Gay gay, marions-nous” une chanson sur le mariage homosexuel a été ecrite en 2007 soit 6 ans avant la loi sur le mariage pour tous.

Un talent reconnu

Pour ses œuvres, Anne Sylvestre a reçu quatre fois le grand prix international du disque de l’académie Charles-Cros entre 1963 et 1967. Puis en 1993 elle devient officière de l’ordre national du mérite et obtient par la suite en 2002 elle devient officière de l’ordre national de la Légion d’honneur. Puis en 2009 elle reçoit la médaille de vermeil de l’Académie Française pour l’ensemble de ses chansons. Toutes ses récompenses peuvent à minima prouver ses talents d’auteure-compositrice et interprète.

Une féministe sans étiquette

Anne Sylvestre était une grande féministe, c’était d’ailleurs la seule étiquette qu’elle voulait qu’on pose sur elle. Bien que ses chansons pour la plupart sont engagées notamment “Gay gay, marions-nous” ou encore “Pas difficile” en 1986 qui parle de la facilté de tomber dans la précarité, elle a toujours refusé ce terme et a écrit la chanson “chanson dégagée” à ce sujet. 

Elle a soutenu de nombreuses luttes et souvent en avance sur son temps, elle s’est exprimé sur l’avortement 2 ans avant la loi Veil en chantant “Non, tu n’as pas de nom”, en 1975 elle chante “Une sorcière comme les autres” dénonce le partiarcat et la condition féminine (celles de mères) face aux hommes. En 1978 elle chante “Douce maison” une chanson sur le viol. 

En 2013 elle écrit la chanson “Juste une femme” suite au réaction suite à l’affaire de DSK. Cette chanson montre toutes les humiliations et agressions des hommes sur les femmes au quotidien 4 ans avant le mouvement #MeeToo.

C’est une des plus grandes expressions féminines françaises qui s’est éteinte ce lundi.