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Apartheid, le mot est lâché !

Dans un rapport intitulé « Les pratiques israéliennes envers le peuple palestinien et la question de l’Apartheid », la Commission Économique et Sociale pour l’Asie de l’Ouest de L’ONU a dénoncé l’apartheid mis en place par Israël.

Pour la première fois, une agence des Nations unies a directement accusé Israël d’imposer “un régime d’apartheid” au peuple palestinien.  Mais ce rapport a été enterré par la direction de l’ONU, sous la pression des États-Unis et d’Israël. La nouvelle devise de L’ONU ? Cachez cette vérité que je saurais voir. En étouffant ce rapport l’ONU confirme une fois de plus qu’il n’y a rien à attendre d’elle et qu’elle ne sera d’aucune utilité pour construire le chemin d’un État Palestinien et le chemin de la paix.

La reconnaissance historique du mot “Apartheid”

Le combat des mots est important et loin d’être anodin. Reconnaître au niveau du droit international qu’Israël a mis en place un régime d’apartheid, est un premier pas nécessaire pour les poursuivre. Rappelons que L’apartheid est un crime officiellement répertorié par les organisations internationales et que Le Statut de Rome du Tribunal pénal international définit le crime d’apartheid comme un crimes contre l’humanité. Le crime d’apartheid y est défini comme l’oppression institutionnalisée d’un groupe ethnique par un autre, qui présente des caractères systématiques et permanents.

Alors réaffirmons ici, ensemble ce qui est un secret de polichinelle. Oui, Israël a mis en place dans les territoires Palestiniens occupés mais aussi sur son territoire pour les arabes israéliens, un système d’apartheid.

L’occupation de la Cisjordanie, un système d’apartheid au profit des colons

Il y a aujourd’hui « un système de ségrégation » en Cisjordanie causé par l’occupation israélienne.  Ce système comprend une multitude de facettes. Prenons exemple des check points. Si  vous êtes un colons israélien tout est fait pour que vous passiez rapidement aux check points, là où les Palestiniens doivent eux passer par de longues attentes. Cette différence de traitement permet de créer un sentiment de normalité pour les colons et donc de leur donner l’impression que cette terre est à eux et que leur présence est légitime. Quant aux Palestiniens ces périodes d’attentes interminables les dépossèdent au contraire de leurs terres ancestrales. Marquant ainsi qu’ils n’en n’ont plus la maîtrise et la liberté d’y circuler.

Le mur de la honte est un autre élément visible du système d’apartheid tout comme le système de route séparé. Sur leur propre territoire, certaines routes ne sont pas accessibles aux Palestiniens et sont réservées aux colons. Le système juridique diffère également puisque pour un même crime un Palestinien peut être jugé par un tribunal militaire israélien, quand un colon sera jugé par une cour civile.

L’économie est totalement ralentie, suspendue au bon vouloir de l’armée d’occupation, affectant des millions de Palestiniens dans leurs conditions de vie au quotidien.

Les arabes israéliens, autres victimes de l’apartheid

Et que dire de la situation des palestiniens de 1948 (arabes israéliens) qui vivent en Israël sous un système de ségrégation complet, traités comme des sous-citoyens.  En se rendant de Tel Aviv, à Nazareth, la différence de traitement est flagrante. L’accès au service public y est beaucoup plus faible, la population arabe de Nazareth est ignorée, traitée et considérée par les gouvernements comme une aberration qui ne devrait pas vivre en Israël. Le ministre d’extrême-droite Avigdor Lieberman s’est d’ailleurs de nombreuses fois prononcé pour la déportation des palestiniens de 1948 en Cisjordanie. Un projet de bus séparé entre juifs et arabes avait d’ailleurs failli voir le jour en Israël, rappelant douloureusement d’autres périodes historiques.

Les militants qui se rendent sur place depuis plusieurs années témoignent par ailleurs une fois revenus en France du système d’apartheid mis en place par Israël.

Une censure peu glorieuse pour l’ONU

Au vu des éléments qui confirment que ce rapport était sérieux et se basait sur des faits bien réels et impossibles à nier, comment justifier de l’enterrement de ce rapport ? Antonio Guterres, tout juste élu nouveau secrétaire général de l’ONU, étouffe donc déjà toute critique de la politique criminelle israélienne. Cette nouvelle affaire, démontre les interférences des États-Unis et d’Israël dans les affaires de l’ONU et le silence approbateur des pays de l’UE et notamment de la France. L’ONU semble aujourd’hui condamnée à subir les pressions des grandes instances internationales, sans volonté politique de tout faire pour appliquer le droit international.

L’apartheid est là, et l’histoire retiendra que l’ONU a tenté de le cacher. Il existe heureusement pour nous d’autres moyens de lutte et nous devons continuer à informer de la situation en Palestine et à lutter pour un État palestinien.

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Le rapport en question

Ce rapport a été rédigé par deux professeurs américains de droit international Richard Falk et Virginia Tilley. L’enquête approfondie amenait des preuves irréfutables et concluait qu’« Israël est coupable de politiques et de pratiques constitutives du crime d’apartheid ».

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