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Attentats du 13 novembre 2015 : l’ouverture d’un procès hors-norme

Le procès des attentats de Paris et Saint-Denis survenus le 13 novembre 2015 a débuté mercredi 8 septembre après 5 ans d’enquête.

Les tueries de masses perpétrées par des commandos de l’Etat islamique (EI) ont causé 130 morts et des centaines de blessés. Ces crimes ignobles ont été exécutés par dix terroristes au Bataclan, sur plusieurs terrasses du 11ème arrondissement et au Stade de France.

Le procès qui procédera neuf mois durant doit éclaircir des zones d’ombre et permettre une réponse judiciaire à des actes terroristes.

Un procès hors-norme

Le procès hors-norme s’est ouvert le mercredi 8 septembre, pour 140 jours d’audience prévus. La cour d’assises spéciale est constituée exclusivement de magistrats professionnels afin d’examiner la responsabilité de 20 accusés. Parmi eux, 14 seulement sont présents, les autres jugés en absence.

Les premiers jours de l’audience ont été consacrés à la constitution de ces parties civiles et à l’examen de la recevabilité de nouvelles parties civiles. Trois cents avocats représentent les parties civiles, qui étaient initialement constituées de 1800 personnes. Quelques centaines de parties civiles se sont ajoutées.

L’organisation du procès a fait débat : dans quel ordre convient-il de faire intervenir qui de l’accusation, des parties civiles ou de la défense, pour entendre tout le monde en tenant compte de la difficulté du grand nombre de parties civiles ? Le choix a été fait de laisser la parole en premier lieu à l’accusation, puis aux parties civiles et à la défense.

Vendredi 10 septembre a eu lieu la présentation du rapport d’enquête. Il représente 542 tomes de procédure, le travail de 1 000 enquêteurs français, des développements dans 25 pays, et 2 259 auditions de témoins.

Après ces longs préalables, le premier témoin a été entendu lundi, un enquêteur de la police judiciaire anti-terroriste.

La quête de la vérité

Des zones d’ombre demeurent après l’enquête. Le procès tentera de faire la lumière sur plusieurs éléments.

Les plans initiaux de la cellule terroriste ont été retrouvés près de l’aéroport bruxellois de Zaventem où des kamikazes ont provoqué la mort de 32 personnes le 22 mars 2016. Les plans et les enregistrements de conversations font état d’un nombre de cibles plus important que les atrocités effectuées. Sur 5 commandos terroristes, 2 ne seraient pas parvenus à mener leurs funestes desseins à bout. 

Le « Groupe Omar » d’Abdelhamid Abaaoud, coordinateur des attentats, correspond au commando qui a tué 39 personnes sur les terrasses ; le « Groupe Français » a assassiné 90 personnes dans la salle de concert parisienne ; le « Groupe Irakiens » représente le commando du Stade de France. Mais le « Groupe Schiphol » correspondrait à une attaque à l’aéroport Schiphol d’Amsterdam n’ayant pas eu lieu, le « Groupe Métro » ferait allusion à un autre attentat prévu à Paris.

Parmi les accusés, Mohamed Abrini pourrait avoir renoncé à se faire exploser à Paris puis à Bruxelles. Demeure également une interrogation sur l’absence de plan de retraite pour certains assaillants qui n’ont pas déclenché leurs ceintures explosives.

Restent aussi la question d’un projet d’attentat à l’aéroport de Roissy, où la cellule avait fait des repérages. La Défense aurait-elle pu être également une cible improvisée du commando des terrasses lors de sa cavale ?

L’enquête conclut à un projet terroriste de plus grande envergure contre l’Euro 2016 impliquant notamment Salah Abdeslam. Seul survivant des commandos du 13 novembre, le rôle précis de ce dernier est une des plus grandes zones d’ombre de ce procès.

Pourquoi a-t-il pris la fuite après avoir déposé trois kamikazes au Stade de France ? Devait-il commettre un attentat dans le 18ème arrondissement ? Nul ne sait si le procès permettra de le découvrir, mais le terroriste semble déjà plus loquace qu’à son procès de Bruxelles.

Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde