JC 31
Éducation

Au coeur de la mobilisation lycéenne à Toulouse

Deuxième Académie de France en superficie (après la Guyane), l’Académie de Toulouse compte plus de 115 lycées publics. C’est plus de 2500 lycéens mobilisés dans 60 établissements différents qui ont manifesté leur colère contre les réformes libérales du gouvernement ces dernières semaines. Ce mouvement vient s’ajouter à la colère légitime des gilets jaunes et du mouvement social en cours dans le pays.

Une lutte qui s’organise et se propage

Dès le vendredi 30 novembre, plusieurs établissements ont été mobilisés en commençant par le lycée Berthelot. Plusieurs dizaines de lycéens, appuyés par des militants Jeunes Communistes, ont bloqué l’établissement, organisé une Assemblée Générale et élu des représentants pour dialoguer avec l’administration et représenter le lycée en cas d’AG inter-lycéenne. De le sillage de cette première mobilisation, les lycées Arènes, Saint-Sernin, Dédodat de Severac, Stéphane Hessel, Rive-Gauche, Victor-Hugo à Colomiers n’ont pas tardé à se joindre au mouvement.

Au début de la semaine qui suivit, la fédération des Jeunes communistes de Haute-Garonne a été contactée par des lycéens pour des conseils, des renforts militants ou matériels (banderoles, tracts, mégaphone, etc.). Il faut dire que depuis la rentrée, les militants jeunes communistes assurent une présence hebdomadaire devant les lycées. Seule organisation présente avec une telle régularité, le MJCF fait ainsi référence dans l’esprit des lycéens désireux de se mobiliser.

“La jeunesse de Haute-Garonne sait qu’elle peut compter sur une organisation de jeunesse sérieuse et révolutionnaire.” nous indique le MJCF 31.

Hier matin encore (le 13 décembre), les jeunes communistes étaient simultanément devant 5 lycées pour porter leurs revendications politiques et se montrer disponibles pour les lycéens.

Les jeunes communistes en appui de la mobilisation

Comme dans de nombreux départements, la mobilisation lycéenne naissante a été immédiatement réprimée sans ménagement. Suite aux violences policières inouïes qui ont été observées, le MJCF a même alerté le préfet, qui a souhaité les recevoir rapidement. Désireux de ne pas parler au nom des lycéens, les jeunes communistes en ont contacté certains et une petite délégation s’est jointe à la coordination fédérale du MJCF 31. Le rencontre ne fut pas très concluante comme nous le précise les militants toulousains :

“Entre dialogue de sourd et belles phrases, la rencontre n’a pas donné grand chose. Elle nous a quand même permis de donner des exemples concrets de violence gratuite des forces de l’ordre, tout en rappelant notre attachement aux services publics, et notre rejet des violences de toutes sortes qui relaient les revendications politiques au second plan.”

Une détermination sans faille pour poursuivre la mobilisation

La récente intervention télévisée du Président ne va pas arranger les choses. Rien sur les lycées, et une hausse de 100€ par mois pour le SMIC qui ne coûtera rien au patronat, mais qui par contre entretient la guerre idéologique : Macron s’attaque encore à la conquête sociale qu’est la cotisation, solidarité concrète entre les travailleurs.

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A Toulouse comme ailleurs, les lycéens ne sont pas dupes. Ils savent à travers leur expérience des derniers jours que seule la lutte paie. Ils ne baisseront pas les bras. C’est ce qui a été confirmé dans les Assemblées Générales encore hier après-midi. La journée du 14 décembre sera sans nul doute l’occasion pour eux de redoubler d’efforts, de converger vers les cortèges syndicaux, et de faire la démonstration que la mobilisation ne s’essouffle pas, malgré un calendrier peu favorable :

“Les fêtes de fin d’année arrivent à point nommé pour le gouvernement. Ne nous laissons pas avoir ! La mobilisation doit continuer sur les lycées, les facs, les lieux de travail, etc. A Noël et à la rentrée : Pas de cadeaux pour Macron !”

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde