rédaction
EDITO

Cachez moi ces violences policières que je ne saurais voir

Avec le nouveau projet de loi sécurité globale, les députés marcheurs ont trouvé la possibilité de restreindre encore un peu plus les libertés publiques et l’expression démocratique. 

Cette loi vise notamment à condamner  “le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique”. Le texte volontairement flou laisse libre court aux aléas de la jurisprudence et vient tout simplement remettre en cause la liberté de la presse et d’information. Les journalistes ne pourront plus filmer les forces de l’ordre sans prendre le risque de se voir poursuivre devant les tribunaux. Ce qui n’a pas manqué de faire réagir les syndicats de journalistes et même l’ONU qui se sont empressé d’émettre  des inquiétudes à l’encontre de cette loi et de s’y opposer. 

Ce projet de loi s’inscrit dans un contexte de forte répression depuis trois ans à l’encontre des manifestants. Cette violence est d’autant plus choquante lorsqu’elle s’abat sur des jeunes, a fortiori lorsqu’il s’agit de mineurs. Dans l’Histoire moderne des mobilisations lycéennes, jamais un pouvoir n’a fait usage d’une force répressive aussi violente et récurrente que depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au palais de l’Elysée. 

L’enseignement supérieur n’est pas non plus épargné. Anciennement des sanctuaires de la recherche et du savoir ouverts au grand public, les universités deviennent des lieux clos avec un accès limité. Avec la nouvelle loi pour la recherche, tout étranger à l’université, présent dans son enceinte dans le but de perturber son  bon fonctionnement pourra être sévèrement puni. Comment définir et borné ce qui vient perturber le “bon fonctionnement de l’université” ?  Une diffusion de tracts aux portes d’un UFR, une assemblée générale étudiante, des départs de manifestations… seront-ils encore autorisés ? Rien n’est moins sûr.

Depuis son arrivée au plus haut sommet de l’Etat, Emmanuel Macron entraîne le pays vers la pente dangereuse de la répression et de l’autoritarisme. 

Il y a quelques semaines, le gouvernement a dit vouloir s’atteler à l’apprentissage de la citoyenneté au sein des établissements scolaires et chérir la liberté d’expression, celle-ci ne peut pas se faire ainsi. Les crises démocratiques et républicaines qui traversent le pays ne peuvent être résolues en bafouant ses principes et ses valeurs.