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Chronique sociale, mort de deux apprentis et fin des CHSCT

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Deux apprentis meurent au travail 

L’information est passée inaperçue en comparaison de la fracture du pied de Muriel Pénicaud. Ces deux décès, d’un apprenti bucheron et d’un apprenti du BTP, l’un de 16 et l’autre de 17 ans, sont pourtant révélateurs des conséquences de la politique du Gouvernement. 

Alors que la ministre du Travail mène sur Twitter une campagne acharnée pour promouvoir l’apprentissage et sa loi « liberté de choisir son avenir professionnel », deux apprentis perdent la vie. On ne peut s’empêcher dès lors de penser cela comme une conséquence désastreuse de cette loi qui a fortement diminué les protections en matière de santé et de sécurité des apprentis, particulièrement des mineurs. Cette loi a en effet supprimé la visite médicale par un médecin du travail au profit d’un généraliste, augmenté les maxima de travail, ouvert le travail de nuit, facilité l’attribution de tâches dangereuses et supprimé l’obligation de reclassement des apprentis accidentés. On mesure aujourd’hui combien cette réforme est dangereuse pour les apprentis.

Cela nous rappelle également une réalité, dans le pays qui verse le plus de dividendes en Europe, entre 500 et 550 travailleurs meurent chaque année des suites d’un accident du travail. Des faits qui font l’objet des faits divers dans la presse quotidienne régionale, mais qui laissent totalement indifférent le Gouvernement à la veille d’une réforme sur la santé au travail qui s’annonce désastreuse.

Plus qu’un mois avant la mise en place des CSE ! 

Dans un mois ce sera fini, les comités d’entreprise, les CHSCT (dans le secteur privé) et les délégués du personnel appartiendront à l’Histoire du mouvement ouvrier et laisseront la place au CSE. Pourtant, toutes les entreprises ne sont pas à jour de cette obligation et n’ont pas encore organisé d’élections. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, avait estimé lors du Congrès de la CFTC, auquel elle était invitée, que la moitié des entreprises avait mis en place leur CSE. Donc l’autre moitié ne l’a pas fait. 

Face à cette situation la CGT avec FO, la CFE-CGC et la CFTC avaient demandé de proroger à nouveau les mandats afin que les salariés d’entreprises qui n’ont pas respecté leur obligation ne se retrouvent pas sans représentation au début d’année prochaine. Muriel Pénicaud a rejeté cette demande au motif que celles qui ne l’avaient pas fait étaient réticentes et qu’elles avaient déjà eu deux ans et demi pour le faire. 

Aucun moyen n’a cependant été annoncé pour contraindre ces entreprises à organiser des élections, mais surtout assurer la transition en permettant aux anciennes instances de perdurer le temps d’élire la nouvelle.