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Le contre projet de la CGT cheminot en faveur des usagers de la SNCF

Mercredi Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminot était l’invité des députés communistes à l’Assemblée Nationale, où il a présenté son contre projet. Une alternative aux logiques libérales du rapport Spinetta, mettant l’usager et le train au cœur de la réflexion.

Un syndicaliste face aux députés

La conférence de presse se tient dans un bureau de l’Assemblée Nationale. Dans la salle Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminot, se tient au milieu de députés et sénateurs, communistes pour la plupart, ainsi qu’un certain nombre de journalistes. Devant lui une pile du « contre rapport » de la CGT cheminot imprimés.

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Le syndicaliste n’hésite pas, il connait son sujet et déroule sans s’arrêter un réquisitoire contre le projet gouvernemental. Il dénonce une réforme idéologique dont les objectifs peinent à être cernés. Il étrille notamment un projet qui fait la part belle au polluant transport routier, quand le gouvernement vante son engagement écologique.

Petits débats entre députés sur le statut de cheminots

André Chassaigne fait office de maître de cérémonie et demande à la conclusion de l’introduction qui veut prendre la parole. Le premier à se lancer sera Nicolas Démoulin député REM de l’Hérault. Difficile de prétendre être surpris par son intervention. Il se présente comme chef d’entreprise, issu de la société civile, et débute par une charge vigoureuse contre le statut « privilégié » de cheminot. Se déclarant « gêné » par les avantages de ces derniers, il demande au syndicaliste, s’il peut comprendre que les français veulent l’égalité ?

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Une charge qui ne déstabilisera pas Laurent Lebrun, et qui permet à Jean-Paul Lecoq d’ironiser en se présentant comme électricien, lui aussi issu de la société civile, mais pas la même. François Ruffin prend lui encore moins de gants, il commence par revendiquer un statut protecteur pour tous les travailleurs, avant de fustiger Macron qui parle de « privilégiés »alors qu’il a reçu une rémunération de 2,4 millions lors de son rapide passage par la banque.

L’égalité des territoires et l’organisation de la SNCF

Plusieurs intervenants dénoncent l’abandon de facto de certaines lignes de proximité, pointant la contradiction entre la volonté affichée du gouvernement de les proposer en mettant fin à la péréquation par l’ouverture à la concurrence de l’autre côté. Jean-Paul Dufrègne s’en inquiète particulièrement affirmant notamment que :

« Les territoires ruraux sont toujours les perdants des mises en concurrence. »

Il est rejoint sur ce point par une députée ex-PRG qui relate comment la ligne de train de nuit qui desservait sa circonscription a été supprimée, sans que la région Occitanie ne puisse dégager les marges financières nécessaires à son maintien. Elle note notamment l’impossibilité pour les collectivités territoriales d’assurer ces financements dans un contexte de baisse globale des dotations étatiques.

Pierre Laurent, sénateur de Paris, et secrétaire national du PCF, dénonce lui la non prise en compte du report modal dans le projet de loi du gouvernement. Il invite ensuite à se saisir des conséquences désastreuses de l’organisation de la SNCF pour dénoncer l’ouverture à la concurrence.

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La méthode également critiquée

La discussion aura également été l’occasion de revenir sur la méthode choisie par le gouvernement. Comme à son habitude ce dernier affiche une prétendue consultation alors qu’il a déjà fait ces choix. Cette fois-ci, dans sa précipitation habituelle à faire adopter les lois, il a déjà annoncé son intention de recourir aux ordonnances si le débat avait tendance à traîner en longueur.

Plus étonnant, le recours aux ordonnances dépendra de l’état des consultations entre le gouvernement et les « partenaires sociaux ». Autrement dit, si les syndicats acceptent les diktats de la majorité, les parlementaires pourront se prononcer, sinon, ces derniers ne le pourront pas.

Les raisons invoquées par le gouvernement d’éviter « l’obstruction » sur des bases « idéologiques » n’a pas vraiment convaincu le responsable de la CGT cheminot, qui souligne cet état de fait aux parlementaires présents. Tout en soulignant les revendications de la CGT d’une plus grande implication des salariés dans les décisions, il rappelle que c’est aux parlementaires de faire les lois, pas aux syndicats. Il conclut en dénonçant un problème dans la fabrication de la loi.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde