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INTERNATIONAL

COVID-19 au Brésil, Bolsonaro est une menace pour la santé publique

Au Brésil, le président d’extrême droite Bolsonaro a donné le mot d’ordre : l’économie avant la santé. Depuis le début de la pandémie, Jair Bolsonaro n’a eu de cesse de minimiser l’impact du virus sur la santé publique et d’inciter les Brésiliens à continuer à travailler. En réponse, les 26 gouverneurs des états qui composent le Brésil ont pris les devants alors que le bilan au Brésil atteint les 159 morts et près de 4300 cas confirmés de contamination. 

L’affligeant discours présidentiel

Alors que le gouvernement central dirigé par le Président Bolsonaro ne prend aucune mesure de confinement, un bras de fer est à l’œuvre avec les 26 états brésiliens. L’inaction du Président a entraîné les gouverneurs d’états ainsi que les municipalités à imposer les mesures nécessaires. C’est notamment le cas à Rio où des restrictions de déplacements et fermetures de commerces non indispensables ont été décidées.

La seule réponse de Boslonaro a été de dire que l’économie brésilienne devait continuer à tourner coûte que coûte, mettant en doute le bilan des morts et des contaminés, notamment à São Paulo, la ville la plus touchée. Un discours que le Président commence à payer politiquement, jusque dans son camp où certains réclament sa démission et désavouent son discours anti-confinement. 

Pas de réponses suffisantes pour endiguer la crise sociale

Dans ce contexte, les plus touchés par cette crise sont les travailleurs précaires dépourvus de contrats. Au Brésil, 38 millions de personnes sont dans cette situation dite de « travail informel », pour la plupart ouvriers journaliers, femmes de ménage ou marchands ambulants. Un projet de loi prévoit pour les aider un « coronachèque » de 600 réais (100 €).

De son côté Bolsonaro a tenté en vain d’imposer une mesure provisoire permettant aux chefs d’entreprise de suspendre pour plusieurs mois les contrats de travail des employés et donc les salaires qui vont avec. Mesure qui a rapidement été retirée face à la forte opposition d’une population qui demande un soutien économique.  

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Publicada por Portal da Resistência en Sábado, 4 de abril de 2020

Face au danger que représente le président brésilien, l’opposition de gauche s’organise peu à peu : des personnalités telles que Lula, Fernando Haddad ou Dilma Rousseff ont notamment cosigné une tribune réclamant la démission de Bolsonaro, jugé irresponsable et mettant en danger des millions de vies. Le Parti des travailleurs, quant à lui, prône l’application de mesures sanitaires et économiques d’urgence qui permettront de préserver les vies brésiliennes et d’assurer un revenu pour les plus faibles. Flávio Dino, gouverneur de l’état du Maranhão et membre du Parti communiste du Brésil (PCdoB), dénonce, lui que « Bolsonaro a désormais plus de 300 Brésiliens morts du coronavirus à sa porte. Et même cela n’est pas en mesure de le faire réfléchir […] En plus d’être incompétent, Bolsonaro est inhumain ». Le dirigeant du Nordeste alerte également sur la lenteur prise par le président pour verser le revenu de base voté par le Parlement, cela indiquant qu’« apparemment, il veut le chaos pour “avoir raison” et tenter de convaincre les militaires de sortir dans les rues »

La prise en main populaire de la crise

Dans les favelas où la densité de population est très élevée, l’application des mesures de précaution reste un privilège de classe. La mise en place des restrictions de déplacement et le respect de consignes sanitaires s’avère difficile voire impossible. Dans certains cas, ce sont donc les gangs de trafiquants qui mettent en place des couvre-feux, signe d’un état impuissant.

Les habitants se plaignent également du manque d’accès à l’eau potable nécessaire aux gestes de désinfection. Pour agir dans cette crise, des comités populaires sont mis en place. Ceux-ci ont pour rôle d’organiser l’information dans les quartiers et l’attribution de denrées. Dans la période, les initiatives populaires nous montrent que les Brésiliens devront compter sur la force d’un grand mouvement social à construire pour surmonter cette crise sanitaire et sociale.