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Femmes porteuses de différences a caractère autistique : pour une réelle politique de prise en charge et d’intégration

La France, 5ème puissance mondiale, au 9ème rang pour le PIB (produit intérieur brut) … est un pays toujours en retard pour les questions de prises en charges des neuroatypies.

Les personnes avec autisme Asperger notamment sont aujourd’hui laissées pour compte dans un pays où la bourgeoisie au pouvoir exerce une dictature financière qui, chaque année, baisse les moyens alloués aux CRA (centres ressources autisme), structures hospitalières ou dispositifs d’intégration scolaire.

Les femmes avec le syndrome d’Asperger (forme d’autisme dite « légère ») doivent relever le double défi d’affronter une société à la fois patriarcale et validiste. Le fond du problème est que depuis les débuts des programmes de diagnostics du syndrome d’Asperger, le patriarcat, de par ses stéréotypes sexistes, met les petites filles autistes sur la touche (le terme « petite fille » est utilisé car dans la plupart des cas les diagnostics sont faits entre 3 et 8-10 ans).

Cela s’entend lorsque l’on analyse les clichés sexistes du processus de socialisation primaire des enfants. On place les enfants dès la naissance dans des cases normées : garçon ou fille. Un petit garçon relevant de la norme sera turbulent, bagarreur et se devra de faire du sport. Les fillettes, elles, seront plus douces, plus discrètes, plus calmes.

Le diagnostic a pour intérêt de mettre des mots sur une différence dont on se doute souvent quand on est proche d’une personne avec autisme. Il permet d’établir un suivi d’ordre neurologique, pédiatrique, psychomoteur ou psychologique. Grâce au diagnostic, des dispositifs d’intégration scolaire comme les PAI (Projet d’Accueil Individualisé) peuvent être mis en place (aménagement d’épreuves, AVS). Il permet également d’assurer des temps d’aide aux habiletés sociales. Tous ces aménagements sont menacés par les politiques d’austérité de l’État capitaliste.

Lorsque des parents se posent la question de la présence d’un syndrome d’Asperger chez leur fille, et qu’ils poussent la porte d’un cabinet médical, le/la médecin, dans la plupart des cas malheureusement, assimilera les symptômes de l’autisme au fait que la patiente soit une fille.

En effet, l’autisme Asperger se traduit notamment par des difficultés de communication verbale et non verbale pouvant être prises pour de la timidité ou de la discrétion. Les parents ressortiront donc du cabinet avec l’affirmation que leur fille est juste discrète, que c’est normal pour une enfant de son âge et que cela s’améliorera avec le temps. Mais ils devront de ce fait passer des années à ne pas savoir comment aider une enfant puis une adolescente qui sera victime d’une grande exclusion.

Le diagnostic et le traitement de l’autisme victime de l’austérité

Un rapport de la cour des comptes révélé par Europe 1 vient tirer la sonnette d’alarme sur la situation française de la prise en charge de l’autisme. Après le quatrième plan autisme et une flopée de belle déclarations de nos dirigeants, le constat est le même : pour un nombre de personnes avec autisme proche de 1 % de la population française, soit environ 700 000 concerné.e.s diagnostiqué.e.s, et des dizaines de milliers non diagnostiqué.e.s, les politiques publiques en matière d’autisme sont toujours aussi inefficaces.

Et faire des commissions parlementaires, de beaux sommets, de grands discours présidentiels ne changera strictement rien à la situation tant que l’État n’aura pas rompu avec la logique capitaliste qui consiste à appliquer l’austérité, notamment dans les structures hospitalières et para hospitalières comme les CRA, les SESSAD (Services d’Éducation Spéciales et de Soins à Domicile). Ces structures ne parviennent pas aujourd’hui à remplir leur rôle, à savoir fournir un diagnostic (CRA) et proposer des programmes d’aide aux habiletés sociales ou à l’intégration en générale (SESSAD).

Le centre expert autisme du Limousin, dirigé par le docteur Eric Lemonnier, est un centre particulièrement efficace pour le diagnostic du syndrome d’Asperger dès le plus jeune âge, et  notamment les petites filles. Il a donc permi à de très nombreuses personnes d’avoir un suivi approprié.

Aujourd’hui le centre est menacé d’une très grosse coupe budgétaire par l’ARS Nouvelle Aquitaine. Les fautes médicales et sociales et les baisses de budget significatives  causées par le patriarcat et le capitalisme sont responsables du sous diagnostic de milliers de femmes avec syndrome d’Asperger. Le combat pour la reconnaissance de l’autisme féminin est encore long, aussi la lutte doit s’intensifier pour que la conscience générale évolue et nous amène au dépassement du patriarcat, de la psychophobie comme celui du capitalisme qui se nourrit de la division créée par ces oppressions.