Visuel officiel du festival de Cannes
CULTURE

Festival de Cannes, un petit peu plus de places pour les femmes

Le 72e Festival de Cannes aura lieu du 14 au 25 mai. Après une 71e édition qui se déroulait dans un climat post “me too”, le festival tente de faire des progrès quant à la représentativité des femmes dans le cinéma. Point sur les différentes sélections et jury de cette année. Un peu mieux, mais pas encore assez.

La sélection officielle  

On commence à avoir l’habitude des sélections du festival de Cannes. Une année, c’est le renouveau, l’année d’après toute la crème du cinéma mondiale fait son retour. Cette édition n’y manque pas et c’est ainsi que l’on va pouvoir retrouver en compétition des grands noms comme Ken Loach et les Frères Dardennes (tout deux déjà bi-palmés), Pedro Almodovar (président du jury en 2017), Xavier Dolan ou encore Arnaud Desplechin.

D’autres font leur arrivé en compétition officielle comme Céline Sciamma qui présentera Portrait de la jeune fille en feu et Justine Triet avec Sibyl.

On peut également se réjouir de la sélection d’Atlantique de Mati Diop, 10 ans après son court-métrage éponyme. 1er long-métrage de la réalisatrice, elle met en scène “Des ouvriers d’une banlieue populaire près de Dakar, Thiaroye, décident de quitter leur pays, en embarquant sur l’océan, après la construction d’une tour futuriste nommée Atlantique. Les femmes restent.”

Autre 1er film, Les Misérables de Ladj Ly (co-réalisateur du documentaire À voix haute la force de la parole) se retrouve à concourir pour la Palme d’Or.

En film d’ouverture, on retrouvera Jim Jarmusch avec The Dead Don’t Die, comédie d’horreur, le film peut compter sur un casting en or avec entre autre Adam Driver, Bill Murray et Tilda Swinton.

Si l’on résume, on a donc sur 19 films en compétition, dont 4 de réalisatrices, soit un de plus que l’an dernier. La sélection se rattrape du côté d’Un Certain Regard où les chiffres sont plus encourageant.

Le collectif 50/50 qui lutte pour une meilleure représentativité des réalisatrices au cinéma déclare que cette sélection va dans le bon sens, avec sur toute la sélection officielle 13 films sur 47 réalisés par des femmes, soit 27 %.

27 % seulement donc, et pourtant jamais un pourcentage aussi élevé n’avait été atteint. Si l’on remarque des efforts faits, dans le comité de sélection notamment, désormais paritaire, on ne peut se contenter de chiffre aussi faible.

Sur les autres sélections

Du côté de la Quinzaine Des Réalisateurs, on peut se réjouir d’une sélection qui propose un cinéma novateur et qui sort des rangs, mélangeant réalisateurs et réalisatrices confirmé·e·s et première réalisation (5 films concourent à La Caméra d’Or, prix du meilleur premier film).

En film d’ouverture, Le Daim de Quentin Dupieux (Rubber, Au Poste !) nous promet déjà une comédie décalé sur un homme amoureux de son blouson.

À la Semaine de la critique, qui ne présente que des premiers ou seconds films de réalisateurs et réalisatrices, on trouve une sélection internationale de courts et longs métrages très prometteurs. On attend avec impatience en séance spéciale Les Héros ne meurent jamais de Aude Léa Rapin sur les fantômes de guerre.

Des jurys paritaires, enfin !

On peut enfin se féliciter d’avoir des jury paritaires dans les différentes sélections. En compétition officielle, c’est le réalisateur mexicain Alejandro González Iñárritu qui préside réalisateurs, réalisatrices, acteurs et actrices qui ont marqué récemment le festival. Entre Robin Campillo, Grand Prix en 2017 pour 120 battements par minutes ou Alice Rohrwacher, prix du scénario l’an dernier pour Lazzaro Felice.

C’est Nadine Labaki, prix du jury l’an dernier en sélection officielle avec son très remarqué Capharnaüm qui préside le jury d’Un Certain Regard avec notamment l’actrice française Marina Foïs et le réalisateur Lukas Dhont, Caméra d’Or 2018 pour Girl.

Enfin, à la Semaine de la critique, le jeune réalisateur colombien Ciro Guerra présidera le jury composé d’Amira Casar, Marianne Slot, Djia Mambu, Jonas Carpignano.