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Social-Eco

La gratuité des transports collectifs à Paris en étude

La gratuité des transports en commun à Paris ? Le 20 mars, Anne Hidalgo, la maire de Paris, a lancé une étude sur la gratuité pour les Parisiens.

Dans un contexte où la gratuité pour les Parisiens de plus de 65 ans, sous condition de ressources, va déjà être mise en place dans les prochaines semaines, l’annonce de cette étude sur la gratuité contraste fortement avec les augmentations annuelles du prix du Pass Navigo (+30 % en euros constants depuis 2002)…

Une annonce bien accueillie par les communistes

« Pour les élu.e.s régionaux Front de Gauche, la proposition de la gratuité va dans le bon sens : elle mérite d’être posée et étudiée, non seulement pour Paris mais pour toute l’Ile-de-France », dit le communiqué des camarades. Ils mettent en avant l’enjeu de contrer la politique du « tout voiture », en incitant les Franciliens à se déplacer avec les transports en commun.

Cette position est la continuation d’un long combat des communistes pour l’accès à la mobilité pour toutes et tous. Depuis 2005 et la rédaction du document « Une autre politique des transports en commun pour l’Ile-de-France », les communistes ont lutté pour une tarification sociale, le passage à un Pass Navigo unique (« Une seule région, un seul tarif »), de nouveaux investissements et la création d’une rocade rapide autour de Paris. Ce combat a porté ses fruits : le Pass Navigo unique est réalisé depuis 2015, la tarification sociale concerne 1 million de Franciliens et le Grand Paris Express, métro sur la banlieue, est en cours de construction (200 kilomètres de lignes).

Les aspirations sociales pour l’accès à la mobilité sont fortes : à la fois, réduire le budget pour les familles et améliorer l’offre de transports d’un réseau, certes immense, mais un réseau saturé et où les trajets domicile-travail sont particulièrement longs, souvent stressants et fatigants…

Le problème de la saturation du réseau

La question de la gratuité, contre les apparences, est moins un problème de financement qu’un problème technique. De l’argent, il y en a (dans les caisses du patronat). On peut parier que l’étude de la mairie de Paris en trouvera. Les élus communistes et la section RATP identifient déjà plusieurs nouvelles sources de financement du réseau notamment l’augmentation du versement transports des entreprises, la baisse de la TVA sur les transports et la taxation locale des bureaux.

Quiconque se déplace quotidiennement avec la RATP en IDF se rend bien compte de la saturation du réseau et du besoin de réaliser les nouvelles lignes de métro en banlieue de Paris, les prolongements de lignes et aussi l’augmentation de l’offre de bus. C’est pourquoi l’arrivée de nouveaux voyageurs avec la gratuité demanderait un réseau bien plus développé qui demande à être financé.

Un débat social sur les priorités

C’est une question de priorités politiques. De l’argent, l’État en a trouvé beaucoup (2 milliards) pour le projet de Charles De Gaulle Express. Un projet inutile pour la classe travailleuse, destiné aux plus aisés et qui pénaliserait lourdement plusieurs lignes de RER et de trains. En regard, la gratuité priverait le budget d’environ 3,6 milliards de recettes par an. Poser cette question n’est donc pas une folie.

Attention cependant : la billetterie représente une part bien plus importante dans les recettes de la RATP (40%) que dans celui d’autres réseaux urbains. Il ne faut donc pas calquer trop vite la gratuité dans d’autres villes sur la réalité francilienne. La présence importante de touristes sur la ville de Paris, demande également de réfléchir à comment ces derniers pourraient contribuer aux transports collectifs.

Il faudra donc être très attentif à l’évolution du débat et aux résultats de l’étude. L’accès aux transports est un besoin social majeur, auquel on doit répondre autant sur la question des tarifs que sur celle des infrastructures qui permettent de se déplacer dans de bonnes conditions et qui sont tout aussi réelles dans notre quotidien.