Affiche du Film
CULTURE

Jeune femme , joyeux premier film

Jeune femme est le premier film de Léonor Séraille. Présenté à Cannes dans la section “Un certain regard”, Jeune femme a obtenu la caméra d’or (prix récompensant le meilleur premier film).

Ce film est le travail de fin d’étude de Léonor Séraille, diplômée de la Fémis (École nationale supérieure des métiers de l’image et du son)  en section scénario. Pour cette première réalisation, Séraille s’attaque à un personnage féminin fort et c’est très prometteur.

SYNOPSIS

Paula a 30 ans, après des années d’absence de la capitale française, elle revient sur Paris, sans argent. Elle n’a pas d’endroit où aller. Elle sonne chez son ex, un photographe mais en absence de réponse, elle essaye d’ouvrir la porte à coup de tête puis s’effondre.

De là, elle portera une cicatrice et manque un séjour à l’hôpital : “Je ne suis pas une femme qu’on hospitalise”. Puis elle récupère le chat de son ex, qu’elle trimballe sous son bras pendant tout le film. Le portrait d’une jeune femme, plein d’énergie qui veut prendre un nouveau départ.

UN PERSONNAGE FÉMININ FORT

C’est Laetitia Dosch qui endosse le rôle de Paula, une réelle performance pour l’actrice qui porte le film de bout en bout.

Car Paula n’est pas une femme lisse, elle traverse des épreuves, elle fait face aux obstacles dans une sorte de survival parisien aux situations imprévisibles. Un personnage qu’on voit rarement dans le cinéma, loin de la femme ultra-stéréotypée qu’on a (trop) l’habitude de voir.

A travers des rencontres, des petits boulots – baby-sitter et vendeuse dans un bar à culottes, Paula fait face à la vie. Elle s’adapte, car on n’est pas pareil avec un enfant que lorsqu’on vend des culottes dans un grand magasin.

Et aussi elle n’a pas peur de mentir, jusqu’à se faire passer pour quelqu’un d’autre. Comme dans cette scène qui marquera une partie du film, où dans le métro on lui demande si elle est Sarah du collège de Vénissieux, Paula acquiesce jusqu’à se faire une nouvelle amie qui lui prêtera un toit et de quoi manger. Sauf que lorsqu’elle découvre son mensonge, croyant que Paula avait fait ça pour l’argent elle lui répond simplement qu’au moment où elles se sont rencontrées dans le métro, elle avait envie d’être son amie et de la connaître.

Alors Paula, c’est une femme impulsive, un peu hystérique mais qui a envie de rencontrer des gens et d‘affronter le monde. Elle ère entre canapés, hôtels miteux et chambre de bonne. Quand on lui suggère de trouver un lieu de vie stable pour son futur enfant, elle répond qu’elle veut que ce dernier soit directement plonger dans le “vrai monde”, sans trop de confort, et qu’il puisse vivre sa vie comme il le souhaite. “Tu es libre alors”, on lui répétera.

Jeune femme c’est donc le récit d’une jeunesse en quête d’émancipation et de liberté dans un Paris contemporain.

LES DÉBUTS D’UNE RÉALISATRICE

Si le film ne pourrait reposer que sur les épaules de Laetitia Dosch, la caméra bienveillante et intelligente de Léonor Séraille en fait un réel objet de cinéma, des scènes de colère aux scènes de peur tout s’enchaîne, sans coup de mou et on s’attache à ce personnage pourtant parfois agaçant.

Enthousiasmant pour la suite de la carrière de ces jeunes femmes.

UNE EQUIPE FEMININE

Et on apprécie le film jusqu’au générique puisque la plupart des membres de l’équipe technique (au delà de la réalisatrice et de son actrice principale présente dans toutes les scènes du film) sont des femmes. Que ce soit la production, la direction photo ou encore le montage c’est une équipe féminine, débutante mais compétente qui nous offre pendant 1h37 un récit plein de vie.

Jeune femme est un film à voir, sans modération.