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Environnement

La COP 26, l’échec du capitalisme vert

Samedi 13 novembre, la COP 26 s’est achevée après avoir rassemblé 30 000 personnes à Glasgow.

Cette COP très attendue portait beaucoup d’espoirs. Les Nations unies l’avaient décalée d’un an en raison de la pandémie. Malheureusement, les nouveaux engagements, pris pour lutter contre le changement climatique, sont loin d’être satisfaisants. Une fois encore, les intérêts capitalistes priment sur les intérêts sociaux. 

La COP a exprimé l’abandon des pays les plus vulnérables par les pays impérialistes, responsables historiques du changement climatique. Avant même que débute le sommet, se posaient plusieurs problèmes de représentativité. Sans surprise, la COP, annoncée par l’association War on Want comme étant la plus exclusive de tous les temps, laissa très peu de place aux pays du Sud. Ces pays sont les plus vulnérables et les plus touchés par les catastrophes environnementales. 

Certaines interventions ont tout de même marqué la communauté internationale. Le ministre des Affaires étrangères de Tuvalu, Simon Kofe, s’est par exemple adressé à la COP les jambes dans l’eau, pour dénoncer la montée des hauts qui menacent l’archipel. Ces interventions n’ont malheureusement pas permis aux pays du Sud de recevoir l’assistance financière nécessaire.

Une avancée édulcorée sur le sujet des combustibles fossiles

Malgré le manque global d’engagements de la part de chaque pays, la COP a été synonyme de certaines avancées environnementales. Pour la première fois lors d’un sommet international sur le climat, les textes mentionnent la sortie des combustibles fossiles.

Les pays sont encouragés à augmenter l’intensité de leurs efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cependant, au dernier moment, le texte a été affaibli par l’Inde, l’Afrique du Sud et la Chine, qui ont décidé d’inscrire le mot « transition » à la place d’un mot plus contraignant qui aurait marqué définitivement la fin du charbon. Le texte en question avait déjà été affaibli par l’Arabie Saoudite, les États-Unis, l’Australie et la Russie.

Malgré ce renoncement de dernière minute, la présidente de Greenpeace, Jennifer Morgan, a déclaré que les débats marquaient le signal de la fin de l’ère du charbon. En effet, une vingtaine de nouveaux pays, comme la Pologne, le Vietnam ou le Chili, promettent d’en sortir dans les années à venir. Espérons que ces engagements soient mis en application.

Nous pouvons également constater des avancées par rapport à la consommation de pétrole et de gaz naturel. Une trentaine d’États ont annoncé mettre fin à leur financement public international de projets d’énergies fossiles à la fin de l’année prochaine. Douze pays se sont engagés à ne plus accorder de nouvelles licences de production et d’exploitation de pétrole et de gaz naturel. 

La COP 26, sommet du Greenwashing

Nous pouvons enfin dénoncer le rôle tenu par les lobbies et les entreprises lors de cette COP. Selon le journal Reporterre, le nombre de lobbyistes était supérieur au total des délégations des huit pays les plus touchés par le changement climatique au cours des deux dernières décennies.

Jeff Bezos a également pris la parole à la tribune aux côtés d’Emmanuel Macron. Dans la « zone verte » ouverte au public, des entreprises comme Unilever célébraient des alliances « Net zéro », leur permettant de blanchir leur image et de se faire passer pour des entreprises soucieuses de l’environnement. 

Au pavillon du Qatar, la coupe du monde de football 2022, désastre social et écologique, se faisait passer pour une compétition vertueuse. La COP 26 a donc finalement servi l’intérêt du capital, en permettant à plusieurs entreprises et groupes privés de faire du greenwashing, sans pour autant leur imposer de réelles restrictions.