COP26
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La COP 26 sur le climat se tient à Glasgow la semaine prochaine

Alors que le dernier rapport du GIEC tire la sonnette d’alarme et que l’importance de l’événement est reconnue internationalement, les organisateurs de la COP 26 peinent à permettre la participation de toutes les délégations gouvernementales aux négociations.   

La COP 26, quésaco ?

La COP 26 est la 26e Conférence des Parties. Chaque année depuis 1995, ce sommet réunit les Etats signataires de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Cette année, la COP aura lieu à Glasgow au Royaume-Uni, du 1er au 12 novembre, après avoir été reportée d’un an en raison de la crise sanitaire. L’organisateur est le Royaume-Uni, en partenariat avec l’Italie.

Plus de 190 dirigeants mondiaux y sont attendus. Des dizaines de milliers de représentants de gouvernements, de villes, de régions et d’acteurs non-étatiques (entreprises, investisseurs, ONG…) participeront aussi à ces deux semaines de négociations.

Une instance décisive pour inverser la tendance

Le dernier rapport publié par le GIEC est sans appel : si nous n’engageons pas immédiatement des actions pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, la barre des 1,5° C de réchauffement climatique sera dépassée d’ici seulement dix ans. 

De nombreux incendies dévastateurs en Amazonie, en Californie, en Turquie, en Grèce, en Algérie ou au Maroc, ont appuyé les mises en garde du GIEC en frappant tragiquement de nombreuses populations. Ces catastrophes démontrent plus que jamais l’urgence d’agir. 

Dans ce contexte, la COP 26 a pour but de renforcer l’action collective internationale pour atteindre les objectifs fixés lors de l’Accord de Paris adopté au terme de la COP 21 en 2015, à savoir : limiter le réchauffement climatique à un niveau inférieur à 2°C, de préférence à 1,5°C, par rapport au niveau pré-industriel. 

L’événement se structura ainsi autour de négociations visant à remplir les cinq objectifs suivants.

  • Présenter des plans concrets ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 pour tenter de limiter le réchauffement climatique.
  • Régler les points en suspens depuis la COP 21 afin de mettre pleinement en œuvre l’Accord de Paris.
  • Tenir les promesses faites aux pays en voie de développement dans le cadre du Fonds vert pour le climat en 2009.
  • Proposer de nouvelles solutions d’adaptation et le renforcement de la résilience aux effets des changements climatiques.
  • Dévoiler un plan à plus long terme concret pour décarboner l’économie mondiale et atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Chine, Etat-Unis, Europe : de nouveaux engagements

La COP 26 s’annonce particulièrement importante, car selon l’Accord de Paris, les 195 pays signataires sont tenus d’y soumettre de nouveaux engagements. 

Des promesses fortes ont ainsi été formulées par la Chine, les Etats-Unis et l’Europe.

Le Président chinois Xi Jinping a annoncé devant l’Assemblée générale des Nations Unies (ONU) que Pékin allait cesser de construire des centrales à charbon à l’étranger. 

“La Chine va renforcer son soutien aux autres pays en développement pour favoriser des énergies vertes et peu carbonées, et ne construira pas de nouvelles centrales à charbon à l’étranger”, a-t-il précisé.

Joe Biden a également confirmé ses engagements climatiques, esquissés en avril dernier lors du sommet Earth Day. Il a promis que les Etats-Unis doubleraient le montant de leur aide internationale envers les pays en développement pour faire face au changement climatique. 

Cette déclaration s’inscrit dans le cadre de l’engagement pris lors de la COP 15 en 2009, d’apporter une aide de 100 milliards de dollars par an aux pays pauvres, engagement loin d’être tenu aujourd’hui.

Cette promesse de Joe Biden semble paradoxale alors que la COP 26 s’annonce particulièrement peu encline à favoriser l’égale représentation des différents pays. 

Les engagements dévoilés par l’Europe en amont de la COP 26, enfin, sont également conséquents. Les Vingt-Sept s’engagent sur une réduction nette des émissions d’au moins 55% en 2030 par rapport à 1990. 

Des résultats largement insuffisants à craindre

Cependant, le dernier rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) révèle que les contributions déterminées au niveau national, nouvelles et actualisées, ne réduisent que de 7,5% les émissions prévues pour 2030.

Pourtant, une réduction de 55% est nécessaire pour atteindre l’objectif de hausse des températures à 1,5°C fixé à Paris.

Ainsi, même si les dernières promesses climatiques prises pour 2030 sont tenues, le monde est sur la voie d’une augmentation de la température d’au moins 2,7°C d’ici 2030.

Un déséquilibre de représentativité

Pour participer à la COP 26, il est indispensable de posséder le passe sanitaire. Cependant, les différentes populations dans le monde n’ont pas toutes le même accès à la vaccination. 

Le congrès de l’UICN, qui s’est tenu début septembre à Marseille, exigeait déjà d’être vacciné. Cette mesure empêche plusieurs délégations africaines, asiatiques, ou sud américaines d’espérer participer aux  conférences internationales organisées en Europe.

Plusieurs ONG alertent sur cette nouvelle source de déséquilibre dans les négociations internationales.

Selon le président de l’association War on Want, une association de lutte contre la précarité basée à Londres, cette COP serait même la plus “exclusive de tous les temps” en raison notamment des prix d’hôtel exorbitants. Une barrière de plus. 

Le Climate Action Network, un réseau de 1 500 organisations civiles, a ainsi demandé le report de cette COP en pointant l’accès inégal aux vaccins et aux tests pour les délégations, les incertitudes sur les conditions de quarantaine, mais aussi le coût exorbitant des logements à Glasgow. 

Ce déséquilibre de représentativité n’est pas anodin. Il est paradoxal que les pays les plus riches et les plus vaccinés discutent entre eux des conséquences d’un phénomène qu’ils ont principalement causé, en laissant de côté les pays les plus pauvres qui le subissent de plein fouet.