Rédaction | Avant Garde
EDITO

Le racisme n’est pas une opinion et n’a rien à faire dans un débat politique

En début de semaine, une nouvelle proposition de Fabien Roussel a fait grand bruit : celle de rendre inéligibles les personnes condamnées pour incitation à la haine raciale et à l’antisémitisme.

Suite à cette proposition, nous avons vu une levée de boucliers de différents chroniqueurs proches de l’extrême droite dénonçant une attaque à la démocratie et allant jusqu’à défendre que le racisme pouvait être une opinion comme une autre.

Or, l’atteinte à la démocratie, c’est justement de laisser le racisme et la haine avoir pignon sur rue dans l’ensemble des médias. 

A chaque sortie nauséabonde, haineuse et calomnieuse d’Eric Zemmour, c’est la démocratie et la République qui sont attaquées en plein cœur. Il n’existe pas qu’un seul séparatisme, stigmatiser une partie de la population en l’accusant de tous les maux de la France est un séparatisme. 

La question derrière la proposition de Fabien Roussel est la suivante : pouvons-nous accepter que le débat sur la présidentielle et les législatives se résume à des propos qui n’ont pas leur place dans une démocratie et qui sont à des années lumières des préoccupations et aspirations des françaises et des français ? La réponse est bien évidemment négative. 

J’ose croire à un sursaut médiatique d’ici peu afin de sortir de ces débats nauséabonds qui ne sont là que pour diviser. 

Les médias et la presse font partie du ciment de toute démocratie : ce sont eux qui organisent une bonne partie du débat politique. 

Aujourd’hui, le décalage qui existe entre les polémiques racistes et les préoccupations des français ne peut amener qu’à deux choses : l’abstention et le renforcement de l’obscurantisme. Deux éléments aux antipodes d’une vraie démocratie. 

Les sondages donnant l’extrême droite à plus de 30% et l’abstention évaluée elle aussi à plus de 30% viennent illustrer la profonde crise démocratique de notre pays. 

Alors, empêcher aux faiseurs de haine d’avoir des tribunes médiatiques  : c’est une atteinte à la démocratie ou c’est au contraire sauver la démocratie ?  A cette question, je réponds la deuxième option sans aucune hésitation.