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Éducation

Le report du bac en septembre plonge des candidats libres dans l’incertitude

L’annulation des épreuves du baccalauréat au profit d’un contrôle continu bouscule les projets de milliers de candidats libres. Entretien. 

Chaque année, environ 15 000 jeunes passent leur baccalauréat en candidats libres. Réorientations ou impossibilité de suivre une scolarité ordinaire, les raisons sont nombreuses pour un tel choix. L’annonce du passage du diplôme en contrôle continu pour les lycéennes et lycéens ne concerne évidemment pas ces milliers de jeunes, qui sont invités à venir passer leurs épreuves au mois de septembre. Un dispositif qui provoque stress et incompréhension chez nombre de ces candidats. Avant-Garde est allé à la rencontre d’une étudiante en réorientation de 19 ans.

 Peux-tu présenter brièvement ton parcours scolaire ?

En seconde, je me suis orientée vers une filière « économique et sociale », j’ai obtenu mon baccalauréat en 2017. Une fois obtenu, je me suis orienté en psychologie où j’ai obtenu un DEUG. Lors de ma deuxième année, je suis partie en ERASMUS et me suis rendu compte que je ne voulais pas du tout être psychologue. J’ai donc voulu changer d’orientation pour faire quelque chose qui correspondait plus à mes envies. 

Je souhaite désormais faire ce que j’ai en réalité toujours voulu faire en essayant d’être vétérinaire. Je me suis renseignée par moi-même sur le parcours qu’il fallait prendre. Afin d’avoir un espoir d’intégrer une classe préparatoire ou bien un IUT qui me prépareraient aux concours d’école de vétérinaire, je suis obligée de repasser un bac scientifique. 

Du coup, je suis actuellement en remises à niveau et je passe un bac « Scientifique » en candidate libre dans l’espoir d’intégrer une prépa « BCPST » ou pour rejoindre un IUT « Génie biologie » 

Pourquoi passes-tu le baccalauréat en candidat libre ? 

Je suis obligée de passer le bac en candidate libre. Il est très compliqué de réintégrer un lycée lorsqu’on a déjà un baccalauréat. Très peu de lycées acceptent de reprendre des bacheliers. De plus, le passage en candidate libre me permet d’uniquement passer les matières que je n’ai pas validées lorsque j’ai obtenu mon baccalauréat « ES ». Je n’ai donc que les matières scientifiques à passer, ce qui ne serait pas le cas si j’étais dans un lycée.   

Je suis donc dans une remise à niveau. Il existe très peu de remises à niveau rattachées à l’Éducation nationale, j’ai donc été obligée de me tourner vers le privé, de fait plus onéreux qu’une offre publique. Comme les remises à niveau ne sont pas rattachées à l’Éducation nationale, nous sommes obligés de passer le baccalauréat en candidat libre. 

Lors de ses annonces, Jean-Michel Blanquer a annoncé que les candidats libres pourront passer le baccalauréat en septembre, quelles sont les conséquences pour toi ? 

Plusieurs conséquences. 

Premièrement, si je suis acceptée pour un de mes vœux je ne serai pas dans la ville où j’étudie actuellement. Cela m’obligerait à prendre au moins une semaine avec des coûts supplémentaires, de trouver un logement, etc. 

Deuxièmement, cela va augmenter la période de stress pré-épreuve. 

Et troisièmement, ce qui pose le plus de problèmes, c’est que la sélection risque d’être beaucoup plus forte. Les classes préparatoires refuseront probablement d’intégrer des candidats qui n’ont pas encore le baccalauréat et pire, qui devront louper une semaine en septembre pour pouvoir le passer. Pour les IUT, ça risque également d’être plus compliqué. Le passage du baccalauréat en septembre risque tout simplement de m’empêcher d’intégrer une classe préparatoire ou un IUT. 

Estimes-tu avoir été suffisamment accompagner dans ton orientation ? 

Je ne pense pas. On ne m’a jamais questionné sur ce que je voulais faire, je n’ai jamais vu de conseiller d’orientation. Personne ne m’a fait m’interroger sur ce que je voulais faire. 

Je suis allé en psychologie, car c’est ce que mes parents ont fait. Je ne dis pas que la psychologie ne m’intéressait pas, mais ce n’est pas le métier que je veux faire. Je pense que si j’avais eu un rendez-vous avec un conseiller d’orientation, je serais probablement directement allé en filière scientifique au lieu d’aller dans une filière qui au final ne correspondait pas avec ce que je voulais faire. Mon parcours aurait été totalement différent, et j’aurais beaucoup moins d’incertitudes qu’en ce moment.

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Collectif de rédaction d'Avant Garde