Rédaction | Avant Garde
EDITO

Le retour des jours heureux ?

Suite à la réouverture des bars, cafés et restaurants, Emmanuel Macron a annoncé le retour des jours heureux. On ne s’attendait pas à grand chose lorsqu’il l’avait évoqué  pendant le confinement, mais on est tout de même déçu. Il ne semble plus rester grand chose de sa fameuse volonté de résilience mentionnée lors de son discours larmoyant devant l’hôpital de campagne de Mulhouse. 

Certes, l’ouverture des bars et restaurants est une bonne chose. La morosité du confinement fait place à la joie de pouvoir se retrouver en terrasse. Pour autant, nous sommes bien loin des jours heureux de  la Libération.  

Le plaisir de se retrouver ne permet pas de masquer l’anxiété et les inquiétudes grandissantes des françaises et des français quant à leur avenir. La hausse du chômage, l’aggravation de la précarité, l’accroissement des inégalités, un service public à bout de souffle, l’hôpital public au bord de l’implosion, etc. Le compte n’y est pas. Ni la réalité, ni même les ambitions politiques ne reflètent le programme des jours heureux du Conseil National de la Résistance. 

Pour les jeunes c’est la douche froide. Ils sont la tranche d’âge la plus durement impactée par la crise sanitaire et économique. Dans l’éducation tout d’abord, le confinement a amplifié les inégalités scolaires. L’inaction du ministre de l’Éducation Nationale laisse d’ores et déjà entrevoir une rentrée catastrophique. Pour les jeunes qui sont dans la vie active la situation est pire. Les moins de trente ans sont la tranche d’âge la plus durement impactée par la hausse du chômage. Sans parler des centaines de milliers de jeunes qui  arrivent sur un marché de l’emploi saturé, sans revenus, confrontés à une grande précarité. 

L’inaction du gouvernement, ou pire, les annonces de certains ministres pour soi-disant “relancer l’économie” plongent encore un peu plus les jeunes dans l’incertitude. 

La rupture avec les politiques libérales n’est toujours pas à l’ordre du jour. Dès lors, comment  l’heure pourrait-elle être aux jours heureux ?

Le confinement a fait prendre conscience aux françaises et français, de la nécessaire rupture avec les politiques des dernières décennies, pour prévenir de nouvelles crises sanitaires, sociales et environnementales. Cela n’arrivera pas d’un claquement de doigt. Tout comme l’application du programme national de la Résistance, les jours heureux nécessitent une lutte. La première étape sera le 16 juin prochain pour exiger un hôpital public de qualité pour toutes et tous. Montrons notre détermination face à ceux qui nous ont conduits à cette crise.