MJCF
A LA UNE Éducation

Les lycées mobilisés pour la santé et les études, malgré la répression

Depuis une semaine, un mouvement des lycéennes et lycéens et des personnels de l’éducation nationale progresse dans les lycées du pays. Il s’agit d’obtenir des conditions qui permettent un vrai protocole sanitaire. La réponse du gouvernement se résume pour l’instant dans une répression violente du mouvement lycéen.

Des inquiétudes légitimes… et des revendications 

Depuis la rentrée de septembre, les mesures sanitaires dans les établissements scolaires n’ont pas changé. Pourtant une deuxième vague de contamination sature les hôpitaux et a contraint à l’instauration d’un nouveau confinement. Jules, lycéen à Paris, explique à Francetv slash : “On a des toutes petites salles. Pour les cours d’anglais ou d’autres cours, c’est très gênant. Et la cantine est toute petite, sans aération (…) On demande un nouveau protocole qui permettrait aux professeurs de dédoubler leurs classes. Deuxièmement, peut-être une modification des horaires de cantine pour éviter les gros flux. Et tout simplement un allègement du programme”.

Les classes surchargées et les couloirs bondés ont déclenché des grèves de profs et de vie scolaire dès la rentrée des vacances de la Toussaint. La CGT éduc’action dénonçait la semaine dernière dans nos pages les classes en sureffectifs, la pénurie de personnels d’entretien, le fait que le principe “une classe, une salle” n’est pas applicable dans les établissements, notamment à cause des enseignements de spécialités… Mardi 10 novembre, une grève nationale à l’appel d’une large intersyndicale avait pour objectif un renforcement du protocole sanitaire pour éviter le risque de la fermeture des établissements.

Le mouvement lycéen partage les mêmes revendications. Les élèves ont en effet peur à la fois pour la santé de leurs proches, mais aussi pour leur scolarité si les lycées devaient fermer. Le Mouvement des jeunes communistes de France et les autres organisations de jeunesse demandent le dédoublement des classes, la gratuité des masques et du gel, l’allongement des temps de récréation et de cantines, la gratuité de l’équipement informatique. Ces mesures, avancées depuis le printemps dernier déjà, doivent permettre de garder les établissements ouverts, et de mettre en œuvre un rattrapage des enseignements manqués dans la dernière période.

Une répression autoritaire pour intimider le mouvement

Les premières mobilisations la semaine dernière avaient déjà été réprimées par la police, notamment au lycée Colbert à Paris. Cette semaine, la répression s’est étendue contre un mouvement en progression. On a vu des scènes surréalistes de contrôle de l’entrée des lycées par des agents de police, l’usage de la violence contre les rassemblements lycéens, avec gaz lacrymogènes et matraques, des interpellations et gardes-à-vue, à Rennes, à Paris, à Saint-Nazaire, ou encore Mantes-la-Jolie. Par exemple, au lycée Georges Brassens à Paris, la mobilisation pacifique des élèves a été attaquée par la police qui a interpellé au hasard 2 jeunes, Lisa et Igor : après des heures de gardes-à-vue, ils ont été sanctionnés de travaux d’intérêt généraux pour s’être exprimés librement.

Une nouvelle fois, le gouvernement croit à tort pouvoir régler les questions sociales par la répression et la violence. Au contraire, l’urgence de la situation amplifie chaque jour le mouvement. Si le gouvernement venait à annoncer une fermeture des lycées sans avoir mis en place des mesures tout à fait anticipables, ce serait un aveu d’échec consternant.

Rédaction
Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde