INTERNATIONAL

Journée de la Terre et de la résistance en Palestine

Aujourd’hui, 30 Mars 2017 des milliers de Palestiniens défileront à l’occasion de la Journée de la Terre. Chaque année, le 30 mars, depuis 1976, les palestiniens qu’ils vivent en Israël, en Cisjordanie et à Gaza, ou dans les camps de réfugiés, commémorent l’attachement à leur terre, et réaffirment leur lutte contre le vol de sa terre par Israël et la colonisation qui ne cesse de progresser.

L’expropriation des terres Palestiniennes de Galilée.

En 1976, le gouvernement, travailliste israélien annonce la confiscation de 2 000 hectares de terre. Ce sont des centaines de Palestiniens qui doivent être déposséder. Ce sont les Palestiniens de 1948, résidant en Galilée, au nord de la Cisjordanie, qui sont les plus spoliés par ces réquisitions.  Théoriquement ces palestiniens de 1948, sont devenus au moment de la création d’Israël en 1948, des citoyens israéliens. En 1948, à la suite de la proclamation de l’Etat d’Israël, les palestiniens qui vivaient sur ce territoire sont expulsés massivement et dépossédés.  Par la suite, les expropriations des Palestiniens de 1948 ayant pu rester, se poursuivent.  Après avoir subi la destruction de leurs villages, et le vol de leur terre et de leur ressource, les Palestiniens de 1948 semblent un peu plus chaque jour condamnés à devenir des citoyens de deuxième zone sur leurs terres natales. Aujourd’hui encore ces Palestiniens de 1948, continuent de subir un apartheid politique, social et économique.

Mouvement de résistance contre le vol des terres

Face à cette annonce, Le 30 mars 1976, les palestiniens déclarent une grève générale. Cette grève, devient l’affirmation de la lutte pour leur terre et pour leurs droits. L’ensemble des Palestiniens soutiennent l’initiative qu’il soit de de Cisjordanie, de Jérusalem, ou de la bande de Gaza.  L’armée israélienne réprime extrêmement brutalement ce mouvement et commet notamment à massacre à Sakhnin, à une vingtaine de kilomètres au nord de Nazareth : 6 morts, des centaines de blessés, et des centaines d’arrestations. Depuis, chaque année, cet événement est commémoré.

Cette commémoration édifie le cœur de la résistance et son lien éternelle a la terre. Les Palestiniens manifestent chaque année pour affirmer que ni les massacres, ni les démolitions de maisons, ni les destructions d’oliviers, n’auront raison de sa volonté à vivre et ériger un état sur leur terre, la Terre de Palestine

De l’appropriation de la Galilée à l’annexion de la Cisjordanie

Parallèlement à l’expropriation des palestiniens de 1948 de leur terres, l’état israélien a débuté en 1967, a occupé la Cisjordanie et à la coloniser. Après 1976, la colonisation c’est accélérer en Cisjordanie. Ainsi entre 1977 et 1983, le gouvernement de Menahem Begin construira 71 colonies en 6 ans.  La colonisation n’a pas cessé de progresser, le vol des terres palestiniennes visent à rendre impossible la création d’un état Palestinien. La politique de colonisation d’Israël est illégale et constitue, une violation du droit international. Depuis l’occupation des territoires palestinien et syrien, en 1967, les gouvernements israéliens successifs ont mené une politique active d’accaparement de terres et d’installation de colonies de peuplement. Depuis les accords d’Oslo en 1993, la population israélienne installée dans les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est a plus que doublé et atteint le nombre de plus de 500 000 colons.

Cette stratégie avait été exprimé par Ariel Sharon dans une déclaration : « tout le monde doit se déplacer courir et attraper autant de sommets que possible pour agrandir les colonies parce que tout ce que nous ne saisissons ne sera jamais rendu aux palestiniens », de sorte que le territoire Palestinien est aujourd’hui totalement fragmenté et morcelé.

La lutte pour la Terre, un combat central pour la Palestine

Dans une époque, ou le religieux est perpétuellement manipulé à des fins impérialistes, ou des forces réactionnaires tentent de nous faire croire qu’un combat entre islam et chrétienté est inévitable, que le choc des civilisations est inéluctable, et au moment où l’appropriation israélienne des terres palestiniennes atteint un point culminant, il paraît nécessaire de rappeler que la base du conflit israélo-arabe et israélo-palestinien est d’ordre territorial. Depuis 1967, Israël a déraciné 800.000 oliviers des terres Palestiniennes, provoquant une perte de plus de 12 millions de dollars chaque année pour des dizaines de milliers de familles Palestiniennes. L’impossibilité pour les Palestiniens d’exploiter les terres cultivables qui ont été colonisées provoque, selon la Banque mondiale, un manque à gagner d’environ 3,4 milliards de dollars. Par ailleurs en Cisjordanie, les Palestiniens ne consomment en moyenne que 70 litres d’eau par jour contre les 183 litres consommés quotidiennement par les colons.

Le combat pour la terre est donc plus que jamais actuelle, pour combattre la négation des droits du peuple palestinien et lutter contre la confiscation et l’annexion de sa terre.

Notre combat, nos actes sont tournés vers la libération des terres Palestiniennes. Il est temps de boycotter cette économie sanguinaire, de se désinvestir d’une économie coloniale, et de sanctionner cet état criminel.

« Ici, nous avons le passé

La voix inaugurale de la vie

Et nous y avons le présent, le présent et l’avenir

Nous y avons l’ici-bas et l’au-delà

Alors, sortez de notre terre                                 

De notre terre ferme, de notre mer                        

De notre blé, de notre sel, de notre blessure

De toute chose, sortez

Des souvenirs de la mémoire

O vous qui passez parmi les paroles passagères.»

                 Mahmoud Darwich « Passants parmi des paroles passagères » .Éditions de Minuit, 1988.