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Palestine : la logique de colonisation contre la santé

Le gouvernement Israélien mène encore une fois une politique très brutale à l’encontre du peuple palestinien. Pour mener à bien ses ambitions, il agit de manière inhumaine en refusant de vacciner les “prisonniers de sécurité” exclusivement Palestiniens et en laissant tous les habitants de la bande de Gaza et de la Cisjordanie dans l’incertitude et dans l’attente.

Une politique de santé dans la logique de la politique d’apartheid 

La situation sanitaire est particulièrement inquiétante dans la bande de Gaza, les moyens étant fortement mis à mal depuis le blocus. Les autorités ont rapporté plus de 30 000 cas, dont plus de 200 morts. 

En Cisjordanie, la situation est tout aussi inquiétante. L’Autorité palestinienne a signalé plus de 85 000 cas, dont plus de 800 décès, et l’épidémie s’est intensifiée au cours des dernières semaines. 

Pourtant les Palestiniens pouvaient espérer avoir rapidement accès au vaccin puisque l’Etat Israélien mène une campagne massive de vaccination depuis quelques semaines. 

Malgré cela, en Cisjordanie cette campagne ne concerne que les colons israéliens. 

Les militants palestiniens et leurs partisans ont tiré la sonnette d’alarme sur la disparité flagrante entre ceux qui se font vacciner et ceux qui ne le font pas, en affirmant que cela n’équivaut à rien de moins que l’Apartheid. 

L’Autorité palestinienne, déjà à court d’argent, devrait donc fournir les vaccins pour les millions de Palestiniens vivant sur le territoire occupé. L’Association France Palestine Solidarité souligne que “les Palestiniens ne disposent que d’une seule unité de réfrigération capable de stocker le vaccin Pfizer” ce qui complique indéniablement les choses. L’inquiétude et l’attente règnent chez les Palestiniens. 

L’Ombre du vaccin pour les prisonniers Palestiniens

Ce qui cristallise l’actualité depuis quelques jours se trouve dans les geôles israéliennes. 

En effet, une “déclaration choc” du ministre israélien de la Sécurité publique, Amir Ohana a indigné les démocrates du monde entier. Ce dernier a demandé à l’administration pénitentiaire du pays de ne pas vacciner les prisonniers de sécurité. 

C’est le Haaretz, journal Israélien qui a révélé cette demande ; l’ordre a été donné malgré les directives du ministère de la Santé selon lesquelles les prisonniers devraient faire partie du deuxième groupe d’Israéliens à être vacciné contre le coronavirus, avec le personnel des services de sécurité, a écrit le journal. 

Bien que cette déclaration ne vise que les “prisonniers de sécurité”, il est important de signaler qu’il n’existe pas de prisonniers de sécurité non palestiniens. 

Pourtant, la surpopulation carcérale et les conditions sanitaires souvent déplorables de ces prisons ne peuvent qu’inquiéter les Palestiniens qui ont très souvent des membres de leur famille incarcérés. 

L’ONG Physicians for Human Rights a critiqué l’annonce d’Amir Ohana : 

“La directive à caractère politique du ministre Ohana montre une fois de plus pourquoi la responsabilité de la santé des prisonniers devrait être retirée au ministère de la Sécurité publique et à l’Administration pénitentiaire d’Israël pour être confiée à un organisme dont la priorité première est la santé.”

Le système d’apartheid dans lequel Israël opère à l’intérieur du territoire occupé ne pourrait pas être mieux représenté que dans le cas du vaccin COVID-19, selon sa nationnalité, on reçoit ou on ne reçoit pas le vaccin.