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Permis de conduire : un outil d’émancipation pour les jeunes

Le permis de conduire est aujourd’hui un élément essentiel dans le parcours des jeunes, il permet à la fois de devenir autonome dans ses déplacements mais il est aussi souvent un pré-requis pour décrocher un emploi.

Le permis de conduire, coûteux sésame vers l’emploi

La mobilité est véritable frein à l’emploi pour les jeunes. Selon un étude du cabinet ELABE en 2017 près de la moitié des 18-24 déclarent avoir dû décliner une offre d’emploi ou de formation parce qu’étant dans l’incapacité d’y aller. Une difficulté principalement rencontré par les moins diplomés, les plus pauvres et les non-titulaire du permis B.

Ce dernier  coûte en moyenne 1800€ (selon UFC Que choisir), une somme que nombre de jeunes ou leurs familles ne peuvent engager. Le permis de conduire constitue donc un élément discriminant dans l’insertion sociale et professionnelle des plus démunis.

Des promesses présidentielles pour un permis moins chère

Le 9 Novembre 2018, Emmanuel Macron promettait une baisse “drastique” du coût du permis de conduire. Parmi les “solutions” présentées plus tard :

Une des pistes envisagées est le développement des plateformes en ligne, solution qui coûterait moins cher (environ 1500€ en moyenne pour le client) et qui consiste à mettre en relation client et moniteur auto-entrepreneur via des plateformes en ligne. Décision qui s’inscrit pleinement dans la démarche de libéralisation de l’économie française d’Emmanuel Macron. Des moniteurs auto-entrepreneurs qui n’auront qu’une protection sociale minimale, sans droit au chômage par exemple. L’autre prise envisagée serait l’intégration du passage du code de la route dans l’enseignement initial. Le Président de la République avait seulement annoncé en Novembre : “Déjà, le code on va l’intégrer à la partie scolaire, de manière systématique”.

Une piste peut être abandonné, ce serait finalement au sein du service national universel qu’il serait intégré. Une manière de donner un sens à un promesse présidentielle dont l’utilité peine à être démontrée. Les volontaires pour tester le SNU dès cette année se verront proposé un passage du code.

De nombreux syndicats patronaux se mobilisaient en février pour dénoncer ces réformes, parlant d’ubérisation de la profession, précarisant les moniteurs d’autos-écoles. Les syndicats revendiquent le financement du permis par les recettes générés par les  radars, une baisse de la TVA sur les cours de conduite ou encore le financement du permis via le compte personnel de formation. Une manière pour ces derniers de défendre un système peu efficace et particulièrement coûteux.

Des aides existantes largement insuffisantes

Pour les jeunes travailleurs, des avancées ont eu lieu, l’Etat finance à hauteur de 500€ le permis pour les jeunes en contrat d’apprentissage. Une solution qui paraît cependant tardive pour les jeunes apprentis, puisque certaines entreprises n’embauchent que si le candidat détient au préalable le permis de conduire. Il existe également des aides au niveau local dès fois assorties de conditions, ou encore un système de prêt proposé par le gouvernement.

Face à l’insuffisance de ces annonces et au vu du caractère discriminant de l’obtention du permis de conduire. Le Mouvement des jeunes communistes de France propose aujourd’hui une solution plus juste et formatrice, celle d’inclure l’apprentissage du permis de conduire au cursus scolaire au sein de l’école de la République. Et ainsi faire du terme “égalité” présent dans la devise républicaine une réalité pour la mobilité, l’insertion sociale et professionnelle.