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FRANCE

Philippe prend la confiance

Largement confirmé hier avec 370 voix sur 577 et seulement 67 contre, le premier ministre s’est vu confirmé par une Assemblée dont l’opposition semble être totalement marginalisée. Retour sur ses principales annonces et leurs conséquences pour les jeunes.

Le président de la république avait rappelé lundi ses promesses de campagne devant le parlement réuni en congrès. Le premier ministre a donné hier des éléments de calendrier de ces mêmes promesses devant l’Assemblée.

Austérité encore

Sans surprise et dans la continuité des annonces de campagne de Macron, le premier ministre a annoncé un énième plan d’austérité.

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Visant principalement les effectifs de la fonction publique, c’est autant de perspectives d’emploi qui sont supprimées pour les jeunes. C’est également une dégradation en proportion des services publics, nos gouvernants semblent régulièrement oublier que les fonctionnaires ont, comme le nom l’indique, une fonction.

Il propose notamment de :

“Choisir et remettre en cause certaines missions. Aucun ministère, aucun opérateur, aucune niche fiscale, ne sera sanctuarisé. Partout nous chasserons le saupoudrage de crédits”

On peut déjà aisément imaginer que ce ne sont pas les opérations extérieures militaires qui seront remises en cause.

Ordonnance et egotrip

La loi travail 2 aura un impact énorme sur les conditions d’emploi des jeunes qui souffrent déjà des conditions de travail les plus précaires. Le premier ministre a réaffirmé sa volonté de procéder par ordonnance pour casser le code du travail. Il a dégainé un curieux argument à ceux qui critiquaient la méthode :

“J’observe qu’on a parfaitement le droit de ne pas être d’accord avec cet instrument mais (…) ces ordonnances n’arrivent pas en fin de course alors que personne n’a été prévenu de ce qu’elles seraient là. Ces ordonnances ont été évoquées par le candidat à l’élection présidentielle. Elles ont été évoquées et discutées après la présidentielle et avant les législatives. Et de ces discussions, il y a eu une majorité claire. “

La clarté de cette majorité il l’avait déjà souligné au début de son discours :

“Les Français, dans un soucis de cohérence évident, ont donné au président de la République et au gouvernement les moyens de suivre ce cap en donnant une majorité claire et incontestable. Mais cette majorité claire n’est pas un blanc seing, elle implique autant de droits que de devoirs.”

On n’attendait pas du premier ministre qu’il affirme tellement autre chose, toutefois un soupçon de modestie au vu des 57% d’abstention lors des élections législatives n’aurait pas fait de mal. Alors que les institutions semblent être de plus en plus en décalage avec les aspirations populaires, rien ne justifie cette casse à marche forcée qu’il a justifié ainsi :  

(Il faut) renouveler notre modèle social pour qu’il crée des protections véritablement efficaces au lieu de les garantir sur la papier. (Il faut) accompagner celui qui prend un risque et non celui qui est installé.

Il ne reste plus qu’à savoir qui est installé entre celui qui se verse des dividendes et celui qui travaille en intérim. Quant au risque, il semble que les travailleurs de l’amiante en aient pris un plus grand que les propriétaires de Saint-Gobain.

Des taxes en plus pour les pauvres

Tout en s’engageant à réduire la pression fiscale, le chef du gouvernement, a annoncé le renforcement de deux taxes et reporté la suppression de la taxe d’habitation. Il a ainsi souhaité continuer les politiques précédentes en matière de lutte contre le tabagisme annonçant le passage progressif du paquet à 10€.

Dans une logique semblable il a également confirmé que les taxes sur le diesel seraient alignées sur celles pour l’essence.

Ces deux mesures vont principalement impacter les populations les plus pauvres. Le tabagisme est une addiction qui touche principalement les publics les plus précaires. De même pour les propriétaires des véhicules les plus consommateurs ce n’est pas en les taxant davantage qu’ils pourront changer leurs véhicules.

Des taxes en moins pour les riches

La limitation de l’ISF au patrimoine a par contre été confirmée même si repoussée d’un an. Le Crédit Impôt Compétitivité Emploi serait lui aussi pérenniser en 2019 sous forme d’exonération de cotisations. Ces deux mesures s’adressent à la même caste dirigeante qui a largement financé la campagne du candidat Macron.

Le bac

Alors qu’aujourd’hui nombre de jeunes fêtent leur réussite (ou pas) à l’examen, Philippe a annoncé qu’une consultation serait rapidement mise en place afin d’entamer une réforme de l’épreuve.

Si on ignore la forme de la consultation, on en connaît déjà les résultats puisque le premier ministre a déjà annoncé plusieurs mesures. Diminution du nombre d’épreuves au profit d’un contrôle continu, ce qui est à la fois une mesure d’économie et une atteinte au caractère national de l’épreuve.

Les filières professionnelles devraient voir leurs liens resserrés avec l’entreprise. Reste à savoir ce que ça peut bien signifier. Au vu des difficultés que rencontrent tous les ans des milliers de lycéens professionnels pour trouver un stage, pas certains non plus que ces dernières y aspirent.   

Service national

On l’avait presque oublié, mais le candidat Macron s’était prononcé en faveur d’un service national de trois mois. Il semble que la promesse ne soit malheureusement pas oubliée et qu’elle est fortement inspirée notre premier ministre  :

“Notre jeunesse a soif de cause.(…) La jeunesse veut s’élever. Le front aujourd’hui est social, environnemental et mondial. Il appelle la mobilisation de la jeunesse pour construire, partager. Préparer nos enfants à ce monde qui vient, à cette France que nous voulons grande et belle.”

Amen.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde