Capture d'écran
INTERNATIONAL

Que fait l’extrême droite au pouvoir aujourd’hui ?

Au-delà du programme d’extrême droite du Rassemblement national, ses liens internationaux montrent aussi tout le mépris de la formation de Marine Le Pen pour les droits humains. Dites moi qui vous admirez et avec qui vous travaillez, je vous dirai qui vous êtes. Rappelons à qui nous avons affaire.

Arrivé au pouvoir après la destitution de la présidente de gauche Dilma Rousseff, le brésilien Jair Bolsonaro est un nostalgique de la dictature militaire. Participant au coup d’Etat contre Lula Da Silva, il a su faire entrer le Brésil dans l’ère de la vérité alternative. Il s’est par exemple évertué à mettre les programmes scolaires sous emprise et à censurer les intellectuels de gauche. Récemment il a ainsi refusé par véto de financer la culture au Brésil. S’attaquant en premier lieu aux communautés indigènes, il a recours à la violence pour les déloger de terres préservées afin d’en exploiter les ressources minières.

Des régimes réactionnaires

Viktor Orban, à la tête de la Hongrie depuis 2010, est connu pour les murs anti-migrants et les atteintes au droit d’asile. Sa mainmise sur les médias privés et sur l’audiovisuel public est également dénoncée. L’Union européenne estime que la justice n’y est plus indépendante car la Cour suprême est contrôlée par le pouvoir. Orban a également limité la liberté d’expression autour des orientations et identités sexuelles.

En Pologne, le parti Droit et justice (PiS), majoritaire depuis 2015, a mis fin à l’indépendance des juges en les renouvelant dans son intérêt. Il a supprimé le droit à l’avortement et a réprimé les femmes qui ont contourné cette interdiction. Il n’a pas hésité à voter une loi permettant de nier la collaboration de la Pologne au génocide des Juifs. Dans la même logique, le patron du pétrolier PKN Orlen, membre du parti, a un quasi-monopole sur la presse.

L’alliance des nationalistes

Au parlement européen, la politique du RN est de s’allier avec tous ces nationalistes. Les eurodéputés RN siègent dans un groupe commun à l’extrême droite européenne à Bruxelles. Ils y votent toujours contre les résolutions condamnant les atteintes aux droits humains en Pologne ou en Hongrie. Notamment quand il s’agit de l’interdiction de l’IVG. 

D’autres partis membres de ce groupe ont une expérience sulfureuse du pouvoir. Les amis autrichiens du RN, le FPÖ, ont été virés de la coalition au pouvoir après plusieurs affaires causant le doute sur leur rapport au régime nazi, mais également après la révélation de la corruption de proches de Vladimir Poutine. Le parti frère du RN, la Ligue de Matteo Salvini, a participé au gouvernement italien de 2018 à 2019. Ministre de l’Intérieur, Salvini refuse l’entrée dans les ports à l’Aquarius qui transporte des migrants. Tentant de provoquer des élections anticipées pour recevoir “les pleins pouvoirs”, il voit une coalition centriste se former contre lui.

Regarder ce que font les amis du RN à l’étranger permet de voir ce qu’ils ont dans la tête mais qu’ils cachent par électoralisme.

Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde