Rédaction | Avant Garde
EDITO

Quelle connerie la guerre !

« Président Poutine, au nom de l’humanité, ramenez vos troupes en Russie ! » a exhorté ce matin Antonio Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations unies.

Ce jeudi 24 février, le président de la Fédération de Russie a annoncé l’intervention militaire de ses armées sur le sol de l’Ukraine. Dès l’aube, des frappes ont ciblé les bases aériennes, aéroports et ports du pays. Les bombardements ont retenti à Kiev, Marioupol, Odessa, Kramatorsk… Les forces russes ont pénétré dans la région de Kiev, la capitale. C’est une déclaration de guerre, une agression contre l’Ukraine.

Lundi soir déjà, la reconnaissance de l’indépendance des deux républiques de Donetsk et de Lougansk par Vladimir Poutine menaçait la sécurité collective du continent. Ainsi, le Mouvement jeunes communistes de France déclarait hier :

« Vladimir Poutine a fait une annonce qui aggrave la crise diplomatique déjà existante entre l’Ukraine, la Russie et l’OTAN. Sa décision précipite l’Europe dans une escalade militaire dangereuse ».

Aujourd’hui, la Russie a fait le choix d’aller encore plus loin en attaquant militairement l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Cette initiative a déjà des conséquences mortelles sur des civils.

Bien sûr, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) porte aussi la responsabilité de l’escalade du conflit. En restant ambigus sur la candidature de l’Ukraine à l’OTAN, les pays de l’alliance ont laissé planer la menace d’une future présence de forces hostiles à la Russie dans son voisinage proche. De son côté, Kiev a entretenu une hostilité depuis 2014 à l’égard des russophones en Crimée et dans le Donbass. Cette attitude avait conduit à négocier un cessez-le-feu à Minsk en 2015 et à la reconnaissance d’un statut spécial à Donetsk et Lougansk.

Prendre aujourd’hui l’initiative de l’agression est totalement irresponsable de la part de Moscou. Ce n’est pas ce que les peuples du monde sont en droit d’attendre d’un pays membre du conseil de sécurité de l’ONU, censé défendre la charte des Nations unies ! La Russie n’a pas à mettre en cause l’existence d’États reconnus internationalement depuis des décennies.

« Quelle connerie la guerre ! », s’exclamait Jacques Prévert. En effet, quand le dialogue se rompt, les suites sont imprévisibles et les pertes irréparables. 

L’urgence doit être à la désescalade et pas à l’envoi d’armes. Comme le disait Jaurès : « on ne fait pas la guerre pour se débarrasser d’une guerre ». Portons une voix de paix à l’international.