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CULTURE

Les sorties cinéma de la semaine

Cette chronique a pour but de présenter chaque semaine les films qui vont sortir sur grand écran. Les longs-métrages présentés n’ont pas encore été vus en salle mais feront pour certains l’objet de critiques ultérieurement. L’auteure ne fait que donner son avis personnel construit à partir du synopsis et de la bande annonce. Des erreurs de jugement peuvent donc être commises.

A NE PAS MANQUER

Coby

DOCUMENTAIRE – “Dans un village au cœur du Middle-West américain, Suzanna, 23 ans, change de sexe. Elle devient un garçon : Coby. Cette transformation bouleverse la vie de tous ceux qui l’aiment. Une métamorphose s’opère alors sous le regard lumineux et inattendu du réalisateur.”

Un documentaire qui traite d’un sujet encore tabou à l’écran et dans la société. Le documentaire s’interroge alors au rapport à la famille et au corps. Le sujet est d’autant plus intéressant qu’il s’inscrit dans une Amérique rurale et oubliée, et qui est en plus, porteur d’espoir. Le sujet représente une sorte de pied de nez à l’actualité, le président Trump qui entend réduire les droits des transgenres à intégrer l’armée américaine a largement bénéficié des votes de l’amérique décrite par ce documentaire.

Madame Hyde

COMEDIE – “Une timide professeure de physique dans un lycée de banlieue est méprisée par ses élèves. Un jour, elle est foudroyée pendant une expérience dans son laboratoire et sent en elle une énergie nouvelle, mystérieuse et dangereuse…”

On ne peut jamais reprocher à Serge Bozon – le réalisateur – de manquer d’originalité scénaristique, et encore une fois il est capable de nous surprendre. Dans cette comédie avec Isabelle Huppert, le film prend un tournant quelque peu politique dans sa vision de l’école mais ne dérape pas dans son genre, la comédie. Et il montre que le fantastique ne se résume pas seulement au teen movie avec des créatures en 3D, mais peut bel et bien servir le propos d’un film.

Ready Player One

SF – “2045. Le monde est au bord du chaos. Les êtres humains se réfugient dans l’OASIS, univers virtuel mis au point par le brillant et excentrique James Halliday. Avant de disparaître, celui-ci a décidé de léguer son immense fortune à quiconque découvrira l’œuf de Pâques numérique qu’il a pris soin de dissimuler dans l’OASIS. L’appât du gain provoque une compétition planétaire. Mais lorsqu’un jeune garçon, Wade Watts, qui n’a pourtant pas le profil d’un héros, décide de participer à la chasse au trésor, il est plongé dans un monde parallèle à la fois mystérieux et inquiétant…”

Spielberg revient en force avec ce film de science-fiction fait et pensé pour la 3D, assorti d’une mise en scène spectaculaire, jonglant entre le virtuel et le réel et bourré de référence à la Pop Culture. Ready Player One est accompagné des jeunes et prometteurs Tye Sheridan et Olivia Cook. Il ne reste plus qu’à espérer que les multiples références ne fassent pas office d’univers et que la mise en scène soit plus inspirée que le scénario. On est en droit de s’attendre à un film efficace étant donné le maestro qui est aux manettes.

POURQUOI PAS

Le Collier rouge

DRAME – “Dans une petite ville, écrasée par la chaleur de l’été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d’une caserne déserte. Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit. Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère. Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes. Trois personnages et, au milieu d’eux, un chien, qui détient la clef du drame…”

Adapté du roman de Jean-Christophe Rufin, le collier rouge peut se féliciter de la performance de ses acteurs (François Cluzet et Nicolas Duvauchelle) mais s’alourdit d’une mise en scène trop chargée en flash-back. Alors que cette année va clôturer le centenaire de la guerre 14-18, on peut constater que la période continue d’inspirer de belles oeuvres cinématographiques, un moyen peut-être plus efficace de conserver la mémoire de la Grande Guerre. On ne peut qu’espérer que notre président tire les leçons de ces oeuvres pour revoir ses priorités en matière de politique internationale et de programmation militaire.

Vent du Nord

DRAME – “Nord de la France. L’usine d’Hervé est délocalisée. Il est le seul ouvrier à s’y résigner car il poursuit un autre destin : devenir pêcheur et transmettre cette passion à son fils. Banlieue de Tunis. L’usine est relocalisée. Foued, au chômage, pense y trouver le moyen de soigner sa mère, et surtout de séduire la fille qu’il aime. Les trajectoires de Hervé et Foued se ressemblent et se répondent.”

Le film a le mérite de traiter de la condition ouvrière, sans tomber dans le mépris de classe. Il est également intéressant de croiser les points de vue, entre celui dont l’emploi disparaît et celui dont l’emploi apparaît. L’histoire coloniale de la France rend également intéressant cette traversée de la Méditerranée par le Capital.  En revanche, on espère que le film se construira en une seule et même entité, et que les destins croisés de deux personnages ne créeront pas deux films distincts. On espère également que sera souligné le paradoxe de la facilité du passage du Capital du nord de la Méditerranée vers le Sud quand le trajet inverse est si mortel pour les hommes. Enfin on espère que le film ne se perdra pas en intrigue familiale et que le sujet sera plus qu’une toile de fond.

Carnivores

THRILLER – “Mona rêve depuis toujours d’être comédienne. Au sortir du Conservatoire, elle est promise à un avenir brillant mais c’est Sam, sa sœur cadette, qui se fait repérer et devient rapidement une actrice de renom. À l’aube de la trentaine, à court de ressources, Mona est contrainte d’emménager chez sa sœur qui, fragilisée par un tournage éprouvant, lui propose de devenir son assistante. Sam néglige peu à peu son rôle d’actrice, d’épouse, de mère et finit par perdre pied. Ces rôles que Sam délaisse, Mona comprend qu’elle doit s’en emparer.”

Si la mise en abyme du métier d’actrice est (trop) souvent utilisée au cinéma, il est intéressant de voir que les réalisateurs prennent l’angle du thriller pour raconter leur histoire. Force est de constater que le duo est mis à l’honneur, pour un film des frères Rénier (Jérémie et Yannick), produit par les frères Dardenne, qui met en scène un couple de deux actrices. Mais on espère, que les frères Rénier sont aussi bons réalisateurs qu’acteurs.

JE VOUS DÉCONSEILLE

Les dents, pipi et au lit

COMEDIE – “Antoine est un célibataire endurci, fêtard et séducteur. Il vit dans un magnifique appartement Parisien avec Thomas, son colocataire, où les soirées arrosées battent leur plein toutes les semaines. Lorsque Thomas part vivre à Los Angeles, il trouve à Antoine un nouveau colocataire pour le remplacer… « Jeanne, 1m70, yeux bleus ». Si la description fait saliver Antoine, il ne sait pas encore que la charmante Jeanne n’emménage pas seule… Mais accompagnée de ses deux enfants : Théo, 8 ans, et Lou, 5 ans ! Antoine, qui est loin d’être un papa poule, va goûter bien malgré lui aux joies de la vie de famille…”

Scénario banal qui entraîne une mise en scène prévisible, parsemée d’une vision de la femme plutôt objectifiée “Jeanne, 1m70, yeux bleus”. On peine à comprendre quelle manque d’inspiration a pu pousser à considérer la collocation comme moyen de créer une famille. On peine également à comprendre comme un tel scénario a pu faire l’objet de financement pour réaliser un tournage. On se demandera enfin comment en 2018 il est encore possible de mettre en scène le personnage du jeune mâle fêtard et séducteur. On passera notre chemin pour cette fois-ci.