Rédaction | Avant Garde
EDITO

Un rendez-vous de l’Histoire sociale

« Ça sera un rendez-vous de l’Histoire sociale de notre pays ». Ces mots ont été prononcés par le député LREM Stanislas Guérini avant d’annoncer que la réforme des retraites s’inscrit dans la continuité de Croizat et de Thorez. Comment peut-il oser prétendre s’inscrire dans la continuité de ce premier alors même que la réforme prévoit le démantèlement de ce qu’il a créé ? En revanche, s’il a raison sur un point, c’est que cette réforme est un rendez-vous de l’Histoire sociale du pays. 

Le démantèlement historique du système des retraites hérité du Conseil national de la résistance marquerait une profonde régression sociale dans l’histoire de notre pays. Le système actuel de répartition des richesses représente encore aujourd’hui une avancée sociale majeure. Il prévoit qu’une partie de la richesse créée dans le pays soit répartie entre ceux qui la produisent plutôt que d’aller dans les poches des actionnaires. La nouvelle réforme prévue par le gouvernement a pour unique but de limiter les dépenses publiques et de diminuer la part des richesses produites (PIB) dans cette répartition.

Au démantèlement du système des retraites s’ajoute le déni de démocratie face à la contestation contre cette réforme. Des manifestations avec près de deux millions de personnes dans les rues, une grève générale de plus de deux mois, une opinion publique contre cette réforme qui ne fléchit pas, et que fait le gouvernement ?

Bien que minoritaire dans la société, il se sait majoritaire à l’Assemblée et cherche à passer cette réforme en force. Quel exemple de démocratie ! Ceux qui annoncent vouloir redonner confiance dans les institutions sont en train de les discréditer aux yeux de tous. La majorité présidentielle est en effet au rendez-vous, le déni de démocratie du gouvernement marquera terriblement l’histoire du pays.

Stanislas Guérini a donc bien raison de dire que cette réforme est un rendez-vous de l’histoire sociale de notre pays. Et comme tous les rendez-vous qui font l’Histoire, il y a deux camps qui s’affrontent, chacun défendant ses intérêts de classe. D’une part, il y a ceux qui luttent pour le progrès et la justice sociale et d’une autre ceux qui défendent les intérêts de la classe dominante. Contrairement à ce qu’il laisse insinuer, Monsieur Guerini n’est pas dans le camp du progrès social. Il ne s’inscrit en aucun cas dans la continuité, mais bien en opposition avec ce qu’a construit Croizat.