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Edito : Macron, Jupiter d’opérette

Le président de la république a convié le président des Etats-Unis pour la fête nationale, afin de commémorer le centenaire de l’entrée en guerre des américains aux côtés de la France dans la première guerre mondiale. Initiative diplomatique relativement classique, elle a pris une connotation particulière au vu de la curiosité du personnage qui occupe la fonction outre-atlantique.

Outrancier, sexiste, raciste et grossier, le twittos milliardaire  qui occupe le bureau ovale peut difficilement laisser indifférent. La télévision a ainsi diffusé ses mimiques faciales déconcertantes pendant tout le défilé du 14 juillet. Plus que les hommes et les femmes marchant au pas en uniforme, le véritable spectacle se tenait sur le visage orangé de M. Trump.

Une moue dubitative s’est ainsi affichée sans retenue quand une fanfare militaire a repris des airs des Daft Punk. A l’inverse le visage de M. Macron s’est fendu alors d’un large sourire

Le président devait apprécier ce petit interlude musicale dans un week-end bien chargé. Outre la rencontre avec le président des Etats-Unis, il s’était senti obligé auparavant de “recadrer” son chef d’état-major.

Ce dernier avait eu le malheur d’exprimer son désaccord devant la commission de défense de l’Assemblée Nationale sur les réductions budgétaires imposées aux forces armées. Ce qui au passage est en contradiction avec la promesse de campagne du président d’augmenter le budget des armées et d’en déduire le coût des opérations extérieurs.

Cet épisode vient finalement marqué une fois de plus le refus du président de voir des débats prendre place à l’Assemblée. N’en déplaise à Jupiter, c’est aussi le rôle de la représentation nationale que d’échanger avec l’administration et de contrôler les décisions budgétaires.

Il avait pourtant mis en avant ce rôle de contrôle pour justifier le fait que l’Assemblée s’occuperait moins des lois. Il semble que finalement il souhaite que les députés ne contrôlent pas plus qu’ils ne légifèrent.

Cette conception personnelle de la démocratie, il a peut être pu la partager avec M. Netanyahou, premier ministre d’Israël, invité pour commémorer le 75e anniversaire de la rafle du Vélodrome d’Hiver. Le président a pu rappeler la culpabilité du gouvernement français dans la déportation de plus de 13 000 personnes, parce que juifs, vers les camps de la mort nazis.

Il a aussi par cette invitation, validé la politique du gouvernement israélien, voulant faire d’Israël, un état juif et même l’état des juifs. C’est cette même vision théologique de l’existence d’Israël qui permet la justification de la colonisation et de l’occupation des territoires palestiniens.

Que dire de la déclaration du président qualifiant l’antisionisme de nouvel antisémitisme ?

Il apparaît que quand on se prend pour Jupiter, il y ait une certaine perméabilité aux récits religieux . La paix nécessite une conciliation que le dogmatisme ne permet pas, l’invitation de M. Netanyahou et la honteuse déclaration de M. Macron sont deux fautes contre la paix.

Loin de la figure du roi de dieux dans laquelle il souhaiterait qu’on le voit, le président de la république s’est révélé être un petit personnage de théâtre sans envergure. Tantôt souriant, tantôt accusateur mais passant finalement à côté de son rôle, on attend déjà que le rideau tombe et la pièce finisse.  

Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde