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INTERNATIONAL

Israël, une nouvelle loi qui éloigne la paix

Israël a adopté ce jeudi, une loi définissant le pays comme « l’Etat-nation du peuple juif ».

Une loi dans un contexte de massacres inedits

Non besoin de préciser le caractère discriminatoire de cette loi, qui fait désormais office de constitution, il est toutefois bon de rappeler que l’hébreu et l’arabe étaient, jusqu’à présent, les deux langues officielles d’Israël. Par cette loi, l’hébreu devient la seule langue officielle du pays, dont 20% de sa population est arabophone.

Cette loi intervient après une nouvelle vague de répression à Gaza et en Cisjordanie. En effet, ce samedi 14 juillet, Tsahal a bombardé la bande de Gaza tuant deux adolescents, Amir al-Nimra, 15 ans et Louay Kahil, 16 ans et faisant plus d’une vingtaine de blessés. Les gazaouis, depuis le printemps, organisent des marches à la frontière israélienne afin de commémorer les 70 ans de la Nakba, c’est à dire l’exode de 700 000 palestiniens voulu par la nouvelle nation israélienne.

Ces marches pacifiques sont lourdement réprimées par Israël. Depuis le 31 mars, début de ce conflit, on dénombre 141 palestiniens qui ont trouvé la mort lors de manifestations.

Une politique de colonisation continue

La situation est également tendue en Cisjordanie où les palestiniens manifestent contre la destruction programmée du village de Khan al Ahmar à l’est de Jérusalem. Cette manœuvre suit un plan plus large mené par Israël depuis plusieurs années : exproprier les populations palestiniennes de l’Est de Jérusalem afin de les remplacer par des populations juives. Cette colonisation méthodique et ordonnée vise à rendre légitime la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’Etat sioniste.

Cette hiver, l’ONU avait condamné cette proposition, reconnaissant toujours la ville sainte comme capitale de la Palestine. Plus de 3000 arrestations ont eu lieu depuis le début de la semaine en Cisjordanie. A noter que les arrestations ont eu lieu à Ramallah et à Naplouse, c’est-à-dire en zone A, zone censée être administrée par la Cisjordanie. Une fois de plus, preuve de l’ingérence israélienne dans les affaires cisjordaniennes.

Les Palestiniens toujours à la recherche de leur unité

Si l’étendue de la répression israélienne s’affirme avec le soutien plein et entier du président des Etats-Unis, Donald Trump, le Hamas, quant à lui, reconsidère sa politique depuis 2017. Après son rapprochement avec le Fatah, le Hamas se dit prêt à reconsidérer la solution à deux Etats. En effet, la politique anti-israélienne de Donald Trump rend indispensable l’unité des palestiniens.

Le Hamas a également rédigé une nouvelle charte distinguant d’une part les juifs comme communauté religieuse et d’autre part l’Etat colonial sioniste. Avancée sans précédent pour un parti accusé de terrorisme et d’antisémitisme. De plus, le parti a demandé à ses adhérents de cesser tout tir incendiaire contre Israël après les bombardements israéliens de ce samedi. Mais Netanyahou et son gouvernement laisseront-ils les partis palestiniens marcher vers la réconciliation ?