Rédaction | Avant Garde
INTERNATIONAL

Macron en Amérique

Le 23 avril dernier, Emmanuel Macron se rendait pour une visite diplomatique aux USA.

Au-delà des frasques médiatiques qui ont accompagné toute la visite du président français, cette entrevue avec Donald Trump revêtait de forts enjeux diplomatiques, notamment celui de l’accord sur le nucléaire iranien.

Les « gesticulations » diplomatiques.

Les éditorialistes de la presse bourgeoise sont unanimes, cette visite fut une réussite médiatique pour Macron. L’ovation du président français devant le Congrès, le dîner de faste en compagnie des plus grandes fortunes américaines et françaises, ou encore cette ridicule scène des deux hommes, pelle à la main, plantant un « chêne symbolisant l’amitié entre les deux pays ».

Symbole ne devant pas nous faire oublier que c’est bel et bien la diplomatie impérialiste qui forme le ciment de l’alliance franco-étasunienne.

On notera tout de même l’accueil que des étudiants américains ont réservé à Macron juste avant une conférence, lesquels lui brandissaient des pancartes dénonçant les bombardements en Syrie et affichant leur soutien aux cheminots grévistes.

En bref, tout un cirque médiatique qui ne doit pas nous faire oublier le sujet essentiel de la visite que constituent les accords sur le nucléaire iranien.

Les origines des accords sur le nucléaire iranien.

Les Accords de Vienne signés en 2015 par l’Iran, ainsi que les pays membre du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne prévoyaient d’encadrer pour une durée de 10 ans le programme nucléaire Iranien afin de freiner les ambitions de nucléaire militaire de l’Iran.
En effet, les sanctions économiques prises par l’ONU au début des années 2000 veillant à freiner le programme nucléaire s’était avérée inefficaces sur cet objectif et avaient eu comme résultat de paralyser l’économie de l’Iran.

En 2013, l’élection d’Hassan Rohani provoque donc un tournant dans les relations diplomatique, qui permettra de fonder cet accord et d’apaiser les tensions entre l’OTAN et l’Iran.

Le but de cet accord fut donc de lever au fur et à mesure les sanctions économiques sur l’Iran, tout en veillant à ce que le pays se limite à un programme nucléaire civil.

Le renoncement de Macron

L’ultimatum lancé par Donald Trump le 12 janvier 2018 constitue le point de départ de cette nouvelle crise diplomatique. Il donnait alors 120 jours aux co-signataires pour adopter de nouvelles sanctions envers l’Iran. Cette nouvelle provocation du Président Américain vient encore déstabiliser le Moyen-Orient et en particulier le régime Iranien.

Peu avant son départ pour les Etats-Unis, le président Macron s’était engagé à infléchir la position de Trump, mais rien a été fait en ce sens. Au contraire, Emmanuel Macron a déclaré à l’issue d’une conférence de presse conjointe, vouloir proposer un nouvel accord. Les différents partenaires, en premier lieu l’Iran en ont-ils été informé ? Les dirigeants Iraniens seront-ils d’accord ? Sans compter la Russie qui compte sauvegarder ses intérêts dans la région.

Depuis son retour, dans de récentes déclarations, le Président Macron indiquait vouloir conserver l’accord actuel.

En bref, nous avons une diplomatie instable, à base de tweets et de déclaration à la hâte en conférence de presse qui n’augure rien de bon pour la cohérence des discussions à venir.