AgroParisTech : bifurquer ou lutter ?

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Environnement

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Que faire quand le travail sert les intérêts capitalistes ? Retour sur la remise des diplômes d’AgroParisTech du 30 avril.

Il y a un mois, les diplômés d’AgroParisTech ont appelé les étudiants à ne pas travailler dans l’industrie agroalimentaire, accusée de détruire l’environnement au profit d’une minorité. Dans le journal L’Humanité, la secrétaire nationale de l’UEC, Jeanne Péchon, a réagi à cette action.

« Nous devons entendre chez ces étudiants la contestation de l’ordre social capitaliste. Pour autant, attention à une démarche de résignation », pose la tribune de la dirigeante de l’organisation étudiante. « C’est bien le sens de la formation et du travail qui en découle qui est questionné ».

Jeanne Péchon voit la contradiction qui se pose aux jeunes dans leurs études et leur insertion professionnelle. « Les jeunes aspirent à être utiles à la société. Ils aspirent à participer à la prise de décision, espèrent que leur qualification soit utilisée pour le bien commun. Cependant, ils ne peuvent pas aujourd’hui exprimer pleinement leur potentiel parce que la logique de profit prime sur l’intérêt général. »

Néanmoins, renoncer à participer à la société ne sert pas le changement. « On peut travailler sans accepter l’ordre établi. On peut travailler et questionner les choix stratégiques. On peut travailler et participer à la transformation sociale, notamment via l’engagement politique ou syndical ».

Il ne s’agit donc pas de culpabiliser les travailleuses et travailleurs par rapport à leur activité professionnelle, mais de les organiser pour dépasser le mode de production capitaliste.

L’étudiante communiste souhaite un cadrage national des formations pour assurer l’utilité sociale des études. Pour elle, il s’agit également d’agir sur l’organisation du travail. Elle demande ainsi des « droits nouveaux d’intervention pour les salariés sur les orientations stratégiques des entreprises » et des « changements en profondeur dans le travail ».