Alain Bruneel ou le combat d’un ancien ouvrier du Nord à l’Assemblée

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Le 12 juin 2022, Alain Bruneel, ancien ouvrier textile et membre du Parti communiste français depuis sa jeunesse, remet en jeu son siège de député dans la 16e circonscription du Nord avec le soutien de la NUPES.

Candidat dans un ancien bastion ouvrier — tenu par le PCF depuis 1988 — l’ancien maire de Lewarde a su cultiver une fierté de classe qui lui a permis de battre le RN, LREM et porter les combats de la classe travailleuse à l’Assemblée en 2017.

Fier travailleur du textile et authentique communiste, voici le portrait d’Alain Bruneel. 

Ancien ouvrier

Le parcours du député est représentatif de tout un passif ouvrier, car rappelons le, il fut une époque pas si lointaine où les mécanismes sociaux construits par une bourgeoisie imperturbable traitaient froidement les jeunes prolétaires à l’usine. 

Après avoir décroché son certificat d’études à 14 ans, il travaille dans une usine textile de Tourcoing. Une expérience marquante qui va l’amener deux ans plus tard à s’engager aux côtés de sa classe : d’abord comme syndicaliste dans la Jeunesse ouvrière chrétienne puis la CGT et politiquement au Parti communiste français avec un but principal : 

« Je voulais transformer la société ». 

Pour l’ancien ouvrier, le PCF est le parti qui correspond le plus à ses valeurs de sincérité et de contact avec les gens. Surtout, le parti permet de « construire ensemble », en effet il constitue un véritable outil pour les travailleurs afin de les organiser et obtenir leurs revendications.

Le député et la classe ouvrière

D’abord adhérent au parti, il poursuit ensuite en tant que permanent : il fixe son engagement autour de l’ancien bassin minier de Lewarde, ville dans laquelle il effectue en 1999 son premier mandat électif en tant que maire puis conseiller régional et conseiller départemental dans la même localité avant de se présenter aux élections législatives de 2017 pour la 16e circonscription du Nord. Élections qu’il remportera face aux candidats RN et LREM, devenant ainsi l’un des derniers représentants de la classe ouvrière à l’Assemblée

Dans ces Terres de labeur marquées par l’activité industrielle et son délaissement par les contre-offensives libérales, les habitants n’ont pas oublié leur fierté. C’est pourquoi ils ont accordé leur confiance à Alain Bruneel pour mener des combats concrets concernant les services publics, le pouvoir d’achat et la cause environnementale. 

Son mandat s’est axé principalement autour de quatre grands projets : l’environnement via l’hydrogène, la jeunesse, l’hôpital et la vie associative. 

Filière hydrogène

Face au dérèglement climatique, et nul besoin de rappeler le rapport des communistes à la technique, Bruneel démontre qu’il s’agit d’une question éminemment politique.

Comme nous le démontre son projet de développement de la filière Hydrogène, un procédé connu pourtant depuis près d’un siècle, il a toujours été considéré comme non rentable financièrement. Cela démontre qu’en sortant des logiques de marché il est possible de produire de l’énergie non polluante. Filière qui pourrait par ailleurs s’installer dans le Douaisis (16eme circo) et raviver le savoir-faire industriel qui fait la fierté des travailleurs.

Tour de France des Hôpitaux

Au plus près des préoccupations populaires, il n’a pas hésité à faire un tour de France des Hôpitaux tout en incluant les personnels soignants dans un projet de loi pour l’Hôpital public qui s’est montré pertinent compte rendu de l’effondrement de la structure hospitalière pendant le Covid-19. Ce projet, à l’instar des autres projets émanant de la classe travailleuse, ont « tous été balayés d’un revers de main » par la majorité libérale.

C’est aussi le cas du projet de généralisation des transports gratuits, grand combat de Bruneel porté au niveau national pour répondre aux impératifs sociaux et écologiques. Il nous a été évoqué qu’il serait plus facile d’élaborer et faire passer des lois sous une majorité de forces progressistes telles qu’aujourd’hui proposée par les accords de la NUPES.

Mais dans sa circonscription, certains de ses combats ont payé ; Douai est désormais l’une des plus grandes agglomérations à adopter une politique de transports publics entièrement gratuits, sur le plan de la santé, la volonté d’un service 24/24 en urgence pédiatrique ne tardera pas à aboutir si son mandat est reconduit.

« Il faut leur permettre de s’exprimer, de concrétiser leurs projets et de pouvoir croire en ses perspectives ».

La jeunesse comme priorité

L’ancien ouvrier textile n’a pas oublié sa jeunesse prématurément désillusionnée par la nécessité d’entrer à l’usine. Aujourd’hui c’est la même logique de détermination sociale par la sélection qu’il condamne telle qu’elle est représentée par Parcoursup : « à mon époque on travaillait à l’usine à 14 ans, maintenant c’est 16 ans ».

Il se bat aussi pour l’émancipation des jeunes par l’accessibilité aux transports publics gratuits, à un logement digne et peu cher ainsi qu’à une éducation de qualité. 

Alain Bruneel intègre la Jeunesse communiste du Nord dans son action, soutenant ainsi leur campagne menée sur les difficultés d’accès au logement et la lutte contre l’insalubrité.

En témoigne la fermeture des bâtiments insalubres X et W de la résidence Albert Camus de Villeneuve d’Ascq permise par son intervention dans les médias : nouvelle preuve de la nécessité d’un élu communiste combatif à l’assemblée.

Ainsi, il met un point d’honneur à la réussite locale de ses projets, à maintenir et enrichir le tissu social, politique, associatif et syndical dont l’engagement est primordial pour mener la lutte. 

Député ouvrier

Alors que 25 % de la population active est ouvrière, elle est très peu représentée dans l’hémicycle. Pour Alain Bruneel, envoyer un ouvrier à l’Assemblée, c’est représenter toute une classe. Il parle lui-même de vécu, et sait ce qu’il en coûte de la retraite à soixante ans quand on a presque quarante ans de dur labeur dans les jambes. 

Mais dimanche, le député sortant va devoir mener un autre combat, celui de la lutte contre les libéraux et contre les fascistes en étant la seule alternative progressiste. La gauche au pouvoir n’a jamais répondu favorablement aux attentes du bassin minier, et, par contestation, l’électorat se tourne dorénavant vers l’extrême droite. 

La symbolique d’un député communiste, ancien ouvrier à l’Assemblée, c’est « croire en la capacité des gens de prendre leur vie en main, de se rassembler ». Selon Alain Bruneel, le rôle de député 

« (ce n’est pas) résoudre le problème, mais on représente les gens, et c’est une belle perspective, car c’est la classe ouvrière et son pouvoir extraordinaire qui peuvent changer le monde ».