Gaza : après la trêve, retour en enfer

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Gaza : après la trêve, retour en enfer

Après une trêve salutaire, de seulement quelques jours, la mort, le chaos et le désespoir sont déjà de retour sur Gaza. Des camions d’aides humanitaires ont enfin pu entrer dans l’enclave palestinienne. Après un bol d’air de quelques centaines d’heures, les bombes pleuvent de nouveau, les armes se font entendre, la mort reprend ses droits. La bande de Gaza toute entière est en train de devenir un champ de ruines, un cimetière, l’armée israélienne ne laissant que peine et désolation derrière elle. 

Le décompte des morts et disparus grandit chaque jour, de nombreux otages sont toujours prisonniers. En Cisjordanie, la situation s’envenime également, les exactions de colons se multiplient avec la passivité complice de Tsahal dans le meilleur des cas. Le nombre de prisonniers politiques dépasse l’entendement dans cet endroit du monde où l’arbitraire et l’injustice règne depuis trop longtemps. 

Cette situation, l’extrême droite israélienne au pouvoir l’a voulu. En faisant tout pour éloigner la perspective d’une solution à deux États, Netanyahou a enfermé les voix de paix en Palestine, il a favorisé le Hamas au détriment du Fatah, il a parié sur un pourrissement de la situation. 

L’exemple le plus parlant est le refus obstiné d’Israël de libérer Marwan Barghouti, le “Nelson Mandela palestinien”. Jugé par un tribunal militaire, il a toujours clamé son innocence. Il incarne la paix, il incarne l’unité du peuple palestinien, il pourrait être l’avenir de l’État palestinien nécessaire à la paix. Pour reconstruire Gaza, pour une paix juste et durable en Palestine et Israël, l’émergence d’interlocuteurs crédibles et pacifistes devient incontournable, même si Israël n’en veut pas. 

Continuons d’exiger un cessez-le-feu immédiat et la libération des otages, revendiquons en même temps une solution à deux États sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale pour l’État palestinien, la libération des prisonniers politiques, le droit au retour pour les réfugiés palestiniens. 


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