Rédaction | Avant Garde
EDITO

La politique par la polémique

Au lendemain d’une mobilisation massive de la jeunesse et des étudiants, la droite et l’extrême-droite ont inondé médias et réseaux sociaux pour demander la dissolution de l’Unef, le syndicat étudiant.

Ce déferlement de haine à l’encontre du syndicat se tient dans un climat nauséabond entretenu par le Gouvernement. En annonçant que les universités étaient “gangrenées par l’islamo gauchisme”, Frédérique Vidal a ouvert la porte à ces dérives.  

Il n’y a aucun hasard à ce que la droite et l’extrême-droite se réveillent maintenant. Les jeunes et les étudiants sont aujourd’hui les premières victimes des crises que nous traversons. Notre avenir n’a jamais été autant mis à mal par les politiques libérales. Alors que les organisations de jeunesse s’unissent et imposent dans le débat public leurs revendications, les forces de droite s’allient pour détourner le débat public.  

Plus promptes à déclencher des polémiques stériles qu’à défendre les intérêts de la jeunesse, la droite et l’extrême-droite nous montrent une nouvelle fois  qu’elles ne sont là que pour défendre les intérêts de la classe dominante.

L’agissement complice du Gouvernement sur ces actes est particulièrement insupportable.  L’opportunité était trop belle pour l’exécutif de détourner le débat public pour masquer  sa gestion calamiteuse de la crise. 

Hier c’était l’islamo gauchisme, aujourd’hui l’UNEF. Cette fois-ci, cette polémique vient directement du milieu journalistique. Plutôt que de parler de la situation de la jeunesse, les médias cherchent le spectacle pour accroître leur visibilité. 

Cette recherche de la polémique n’est pas nouvelle de la part du corps journalistique. Déjà dans les années -70, les journalistes invitaient Jean-Marie Le Pen – alors au plus bas dans les scores électoraux – uniquement pour chercher le scandale. Ce qui n’a pas manqué de propulser le Front national sur les devants de la scène médiatique et politique. 

Ces agissements sont au cœur de la crise démocratique mais aussi médiatique que nous traversons. En agissant de la sorte, non seulement les médias déroulent le tapis rouge à l’extrême droite mais ils s’éloignent de la réalité de la population. En cherchant la politique spectacle, le champ médiatique et politique exclut du débat toute une partie de la population. Une fois de plus, au lieu de parler des problèmes que rencontrent quotidiennement les jeunes et les réponses à y apporter, l’Actualité se retrouve noyée par une fausse polémique… Affligeant.