La venue en France de M. Smotrich, ministre extrémiste de Netanyahou, est scandaleuse

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La venue en France de M. Smotrich, ministre extrémiste de Netanyahou, est scandaleuse

Le dimanche 19 mars, à Paris, se tiendra un hommage à Jacques Kupfer, ancien leader du Likoud France, ancien vice-président du CRIF et ancien dirigeant du Betar, décédé en janvier dernier. 

M. Bezalel Smotrich, actuel ministre des Finances du gouvernement Netanyahou et gouverneur des territoires occupés palestiniens, est convié à cet hommage et devrait y participer. 

M. Smotrich est un membre du Parti sioniste religieux, ouvertement raciste, prônant le nettoyage ethnique des Palestiniens sur les terres occupées par Israël, et se définissant lui-même comme un « fasciste homophobe ». 

Dernièrement, le quotidien israélien Haaretz a qualifié cet homme de « criminel de guerre » qu’il faut bannir. Ces dernières prises de position publiques vis-à-vis des attaques menées par des colons israéliens sur le village d’Huwara en Cisjordanie occupée ont été plus qu’explicites puisque celui-ci appelait à « anéantir » le village. 

Une visite critiquée

Sa venue en France est critiquée par l’ensemble des associations militant pour la paix en Palestine, et par certains parlementaires progressistes.

C’est le cas du député Jean-Paul Lecoq qui a interpellé la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna et le ministre de l’Intérieur Gérard Darmanin, par une lettre du 13 mars dernier. Il appelle les ministres à interdire cette venue de Bezalel Smotrich sur le territoire français. Il insiste notamment sur le fait que la venue d’un homme de cette stature ruinera des années de négociations et d’efforts diplomatiques auxquels la France a pu prendre part, notamment en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations-Unies. Les propos qu’il tient vont à l’encontre du droit international et de la résolution de ce conflit. 

Jean-Paul Lecoq revient aussi sur le fait que la ministre s’est dernièrement dite « préoccupée » par les violences de plus en plus fréquentes en Cisjordanie. 

Pourtant, la France n’a pas encore durci sa politique pour mettre fin à l’impunité d’Israël, en envisageant notamment des sanctions contre les responsables politiques à l’origine des violences.

À quand une réaction digne ?

2022 a été l’année la plus sanglante pour le peuple palestinien depuis la seconde intifada : plus de 200 morts, et des milliers d’arrestations. En ce début d’année 2023, les choses ont largement empiré avec l’élection de la nouvelle coalition comprenant le Likoud et d’autres partis d’extrême droite

Nous observons une politique de colonisation d’autant plus directe et qui avance très rapidement en Cisjordanie. Les colons de leur côté aussi, appuyés par le gouvernement Netanyahou, perpétuent des attaques et des raids armés de manière quotidienne. 

Cependant, l’exécutif français semble ne pas prêter attention à cette situation internationale. Dans ce contexte, cet hommage ne doit pas passer inaperçu. 


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