L’édito du mercredi par Antoine Guerreiro

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A la fin du siècle dernier, la vie était simple pour les tenants de l’ordre établi. Après la déliquescence des pays socialistes, définitivement entérinée par la chute du Mur de Berlin, le capitalisme ne souffrait plus d’aucune concurrence sérieuse.

L’idéologie néolibérale élaborée à la faveur des années 1970 avait donc enfin le champ libre pour se déployer sur toute la surface du globe. Responsables politiques de tous bords, universitaires de renom et personnalités médiatiques s’accordaient alors à décréter, d’un ton par trop péremptoire, la fin de l’Histoire.

C’était oublier que la fin de tout processus est en même temps le début d’un nouveau. C’était gagner une bataille d’importance sans tirer de la défaite de l’adversaire les enseignements nécessaires à la victoire finale. C’était dépasser pour un temps le marxisme tout en créant par là-même les conditions de leur propre dépassement !

Car s’il est bien une caractéristique de l’époque que nous traversons, c’est qu’elle voit se retourner contre leurs auteurs chacun des préceptes qu’ils nous ont enseigné. En diffusant partout l’auto-entrepreunariat, ils ont accrédité l’idée que chacun.e est en capacité de décider, sans patron, de son activité économique.

En martelant sans relâche leur discours sur la dette, ils ont mis plus que jamais en danger les actionnaires gloutons que plus personne n’a les moyens d’entretenir. En abolissant partout les frontières commerciales, ils ont mis en lumière le destin commun partagé par les travailleur.se.s du monde entier.

En faisant de chaque femme tout à la fois une salariée et une femme au foyer, ils ont précipité la contradiction explosive qui nous mène aujourd’hui à la grande révolution féministe.

A y regarder de plus près, il n’est d’ailleurs pas tout à fait étonnant que ce soit les Etats-Unis et le Royaume-Uni, à savoir les pays frappés le plus tôt et le plus fort par la vague néolibérale, qui en connaissent aujourd’hui les remises en cause les plus fortes, qu’elles soit réactionnaires (Trump, le Brexit) ou progressistes (Sanders, la Women’s March, Corbyn…).

Toutes ces contradictions ayant fait leur oeuvre inexorable, trente ans plus tard c’est donc désormais le marxisme qui est au goût du jour.

Tels “l’Arroseur arrosé” dans cette célèbre séquence des frères Lumière, les néolibéraux de la fin du siècle dernier se sont enferrés dans leur propre piège. Ils ont forgé eux-même les armes avec lesquelles les révolutionnaires du siècle nouveau pourront les mettre à bas.

Quelles que soient les difficultés que nous puissions traverser, les potentiels de transformation sont donc inédits. Selon le sondage récemment réalisé pour la Fondation Gabriel Péri, pour 32% des jeunes le communisme est toujours d’actualité.

Cependant si ce constat est encourageant, il ne fait que souligner les efforts qui nous restent à accomplir pour contester réellement Macron et mettre les travailleur.se.s au pouvoir. Faire bien d’avantage qu’aujourd’hui rayonner le marxisme est donc notre priorité. Pour ce qui concerne l’enseignement supérieur les étudiant.e.s communistes s’en sont saisi.e.s depuis plusieurs années, avec la Semaine de la Pensée Marxiste. Toute la semaine et au-delà sur des dizaines d’universités, c’est donc avec la transformation sociale que vous avez rendez-vous !