Quand le climat est sponsorisé par Google et Coca, les grandes puissances font des bulles

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196 pays étaient représentés lors de la COP 27 en Égypte, du 6 au 20 novembre. Depuis la première COP en 1995, l’objectif affiché est de trouver, grâce à un cadre multilatéral, des solutions communes pour lutter mondialement contre le réchauffement climatique.

Or, et cette année ne fait pas exception, c’est souvent les grandes puissances qui dictent ou bloquent les décisions lors de ces événements, empêchant des mesures réellement efficaces.

Le bilan

Au vu des enjeux majeurs, la résolution cosignée par l’ensemble des pays participants manque cruellement d’ambition, ce que dénonce le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres : « Nous devons drastiquement réduire les émissions maintenant, et c’est une question à laquelle cette COP n’a pas répondu ».

L’objectif de limiter le réchauffement climatique a 1,5 °C est devenu aujourd’hui un argument rhétorique, le réchauffement prévu étant maintenant à + 2.4 °C d’ici à la fin du siècle. 

Comment l’expliquer ? 

Selon le MJCF, cette situation résulte du « refus des grandes puissances de faire primer la transition énergétique sur les intérêts privés capitalistes ».

Une bonne nouvelle cependant ressort de cette COP 27 : la création d’un fonds spécifique, de plus de 230 millions de dollars, dédié aux pays les plus vulnérables qui peinent à opérer seuls la transition énergétique. Ce fonds serait alimenté par les pays riches, pollueurs historiques. Cette mesure est le fruit d’une lutte commune des pays les plus impactés par le réchauffement climatique.

Il y a un réel besoin d’abandonner les énergies fossiles, d’œuvrer collectivement pour une transition énergétique respectueuse de l’environnement et de l’humain. Cela ne pourra passer que par une volonté d’avancer ensemble à l’échelle internationale, dans un cadre multilatéral. Pour cela, il faut que nos gouvernements revoient leurs priorités. Mettre la planète et l’humain avant les logiques de marchés et les profits des multinationales est une nécessité.

Car tant que nous ferons primer les intérêts de Coca sur ceux des koalas, nous n’avancerons pas.


Bon à savoir

Le CNR climat : quésaco ?

Elsa Koerner

Ce « CNR » version Macron a pour principes « dialogue sincère et souci de travailler collectivement et en responsabilité à l’atteinte de nos objectifs ». Alors que les parlementaires se sont vu-es opposer pas moins de quatre fois l’article 49-3 de la Constitution pour sabrer leur travail, assurément dans le même esprit de « dialogue sincère », de sérieux doutes peuvent être émis sur la méthode retenue par le gouvernement en matière climatique.

Brouhaha général

Comment qualifier la doctrine Macron en matière de lutte contre le dérèglement climatique et de politique énergétique ? 

Est-ce le même Emmanuel Macron qui, un mois après sa première élection, a voulu asseoir sa stature internationale en scandant « Make our planet great again », invitant les scientifiques états-uniens à rejoindre la France (et sa recherche publique asphyxiée) ? 

Est-ce celui qui a lancé la Conférence citoyenne sur le Climat, expérience inédite de concertation citoyenne, d’apprentissage collectif scientifique et démocratique ? Ou celui qui en a ignoré les propositions ? 

Le Macron de 2020 qui a fermé les deux réacteurs de Fessenheim ? Ou le Macron de 2021 prônant la filière nucléaire et le développement de petits réacteurs modulaires (SMR), principalement pour l’export ? Ou encore le Macron de 2022 qui annonce un plan de relance du nucléaire le 22 octobre 2022, au lendemain de l’ouverture du CNR « Climat Biodiversité » qui n’est pas doté d’atelier sur les énergies ?

La méthode comme la ligne politique sont bien difficiles à suivre. Alors que les effets du dérèglement climatique se font déjà ressentir, « l’esprit de responsabilité » exige la fixation d’un cap clair.

Vite, très vite… dans le mur ?

La tentative du gouvernement Borne d’articuler rapidité d’action et consultation donne lieu à une multiplication de projets, d’instances délibératives, au même moment où le Parlement est muselé. 

Si l’urgence climatique exige une mise en œuvre rapide de mesures ambitieuses, il est important de convaincre pour une efficacité durable des mesures. Or les errements de LREM créent plus de confusion que de respect. 

Consultation partout, démocratie nulle part ? En tout cas, la grande absente, c’est encore la démocratisation des entreprises, en particulier chez EDF, Enedis et RTE. La parole des travailleur-ses est essentielle pour une vraie « refondation » de la souveraineté énergétique de la France.